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  • : Le blog de LucileG(43)
  • : Lecture et écriture : deux activités complémentaires qui permettent l'évasion et l'expression. L'objectif de ce blog est de faire connaître et de partager nos informations.
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  • Lucile Gauchers
  • Je me suis mise à l'écriture en Juillet 2008. Déjà parus aux éditions EDILIVRE : 
- À la lumière du pardon (2011)
- Destins - Au-delà des apparences (2012)
- Aimer à en perdre la raison (2015)
Ont suivi : En 2016 : Souffles de vies (éd. Abatos)  - La chanson de Karly (collectif LGO) - En 2017 : La dernière à rester et Piégé (auto-édition) - Déviances (éd. Abatos) - Tome 1 de l'album jeunesse : Les découvertes de Colin et de Coline (auto-édition). En mars 2018, le tome 2 : Les découvertes continuent avec Colin et Coline, et prochainement un petit recueil illustré de textes poétiques. Projets immédiats : terminer un roman commencé et les tomes 3 à 5 de l'album jeunesse. Autres projets  : deux romans (l'un en corrélation avec la Dernière à rester, l'autre une fiction historique en Haute-Loire, un troisième tiré d'une histoire). 
Grande lectrice de romans de société et de thrillers psychologiques, j'aime aussi la poésie et la musique.
  • Je me suis mise à l'écriture en Juillet 2008. Déjà parus aux éditions EDILIVRE : - À la lumière du pardon (2011) - Destins - Au-delà des apparences (2012) - Aimer à en perdre la raison (2015) Ont suivi : En 2016 : Souffles de vies (éd. Abatos) - La chanson de Karly (collectif LGO) - En 2017 : La dernière à rester et Piégé (auto-édition) - Déviances (éd. Abatos) - Tome 1 de l'album jeunesse : Les découvertes de Colin et de Coline (auto-édition). En mars 2018, le tome 2 : Les découvertes continuent avec Colin et Coline, et prochainement un petit recueil illustré de textes poétiques. Projets immédiats : terminer un roman commencé et les tomes 3 à 5 de l'album jeunesse. Autres projets : deux romans (l'un en corrélation avec la Dernière à rester, l'autre une fiction historique en Haute-Loire, un troisième tiré d'une histoire). Grande lectrice de romans de société et de thrillers psychologiques, j'aime aussi la poésie et la musique.

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 10:33

Ne dit-on pas communément que "l'argent ne FAIT pas le bonheur mais y contribue" ? Cependant beaucoup craignent d'être volés, spoliés, avant même de craindre pour leur vie. Pour eux, la vie aurait-elle moins de valeur que l'argent ? Ceux qui ne possèdent rien ne craignent que pour leur vie, leur santé. Mais comment réagiraient-ils si, subitement, ils se trouvaient à la tête d'une fortune ?

 

Dans Jésus, ce célèbre inconnu, ouvrage de Joël CHEDRU, Pasteur, des réponses sont apportées. D'abord pourquoi "célèbre" et "inconnu", deux termes apparemment opposés ? Joël CHEDRU écrit : "Vous croyez que connaître le nom de quelqu'un, c'est vraiment le connaître ? Bien sûr que non." Et encore (toujours en parlant de Jésus) : "C'est vrai que son nom est célèbre, il est très connu, et il est connu dans le monde entier. Son passage sur la terre, [...], a tellement marqué l'histoire de notre humanité que nos historiens ont cru bon de compter nos années à partir de la naissance de Jésus-Christ." Il y a avant J.-C. et après J.-C. Mais connaît-on vraiment QUI est Jésus, sa personnalité, ce qu'il a accompli et pourquoi ? Ou reste-t-il une "entité vague" ?

 

À propos de l'argent (biens précieux sous toutes leurs formes, tout ce qui a une valeur marchande et financière), la Bible - l'ouvrage le plus traduit et lu au monde - donne des indications très claires : "Ne vous livrez pas à l'amour de l'argent" (Hébreux chapitre 13, verset 5) "Car l'amour de l'argent est la racine de toutes sortes de maux" (Timothée chapitre 6, verset 10). Ce n'est pas la possession en soi qui est en cause, mais "l'amour" de l'argent, passion extrême qui peut conduire à bien des débordements et même à des atrocités (délations, crimes, trafics en tous genres etc...).

 

Joël CHEDRU développe en indiquant : "Avec de l'argent, vous pouvez acheter un beau lit et un bon matelas, mais pas le sommeil ; une excellente nourriture, mais pas l'appétit ; de magnifiques bijoux, mais pas la beauté ; les meilleurs médicaments, mais pas la santé ; des tranquillisants, mais pas la paix intérieure ; de nombreux livres, mais pas l'intelligence ; un excellent confort, mais pas le bonheur ; une assurance sur la vie, mais pas sur la mort ; une place au soleil ou au cimetière, mais pas dans le ciel."

 

Joël CHEDRU ajoute que l'argent peut aussi être un bienfait : "Certes, l'argent peut nous procurer un certain confort et une certaine sécurité, à condition qu'il soit pour nous, comme l'a dit quelqu'un : un bon serviteur et non un mauvais maître."  Bon serviteur par L'USAGE qu'on en fera ; mauvais maître par L'ESCLAVAGE induit par l'amour de l'argent. Il complète en écrivant : "Ce n'est pas un péché d'avoir de l'argent, voire beaucoup d'argent, s'il a été gagné honnêtement ; mais sous prétexte que l'argent n'a pas d'odeur, faire argent de tout en usant de malhonnêteté conduira tôt ou tard ceux qui s'y livrent dans bien des tourments."

 

On entend bien souvent l'expression "bien mal acquis ne profite jamais". L'avez-vous constaté autour de vous, ou même expérimenté ?

 

Alors, pour vous-même, quel est votre rapport avec l'argent ? Êtes-vous plus heureux pour autant en en possédant ? Chacun d'entre nous a sa réponse à ces questions, car elle est intime et dépend de nos dispositions naturelles ou acquises à BIEN SAVOIR UTILISER notre argent, nos possessions. Êtes-vous plutôt un "Harpagon" ou un "Picsou" avec un comportement compulsif d'amasser toujours et encore plus, sous l'emprise aussi de la crainte omniprésente d'être volé ? Ou êtes-vous plutôt un mécène, un sponsor, un soutien par l'aide que vous apportez à votre proche entourage, ou à autrui par le biais d'associations par exemple ?

 

La véritable richesse est dans notre coeur et peut se manifester par diverses actions : bénévolat par la mise à disposition de compétences, de temps, d'écoute et de soutien moral, d'altruisme sous toutes ses formes, et bien sûr par l'aide matérielle et financière quand nous faisons bon usage de notre argent et de nos possessions.

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 00:35

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Avec Marie Garnier (à gauche), au salon du livre de Brindas (69) en février 2011. Nous sommes membres de l'UERA - Union des écrivains de Rhône-Alpes, une association élargie depuis fin novembre 2012 grâce à l'implication d'un nouveau Président Jacques Bruyas à découvrir, au dévouement des deux secrétaires, également auteurs, Clémentine Lafon et Norlane Deliz  : deux blogs, une newsletter trimestrielle, une revue littéraire, sur Facebook : la Vitrine de l'UERA. Une visite s'impose : il y en a pour tous les goûts.

 

 

 

Je ne sais pas trop promouvoir mon activité d'auteur, de très "jeune auteur". Pourtant, j'ai envie de vous rappeler les titres des deux romans publiés aux éditions EDILIVRE (Paris) que vous pouvez trouver sur les librairies en ligne et chez mon éditeur :

 

À la lumière du pardon : Nous sommes en 1960. Tout sourit à Camille, jeune adolescente de 14 ans, jusqu'au jour où sa vie bascule brutalement à la suite d'une sauvage agression. Violée et abandonnée dans les bois, elle va affronter sa situation avec courage alors même que l'impact de ce drame rejaillit sur tout son entourage. Un enfant va naître à la suite de ce viol. Comment, à cette époque, son grand-père paternel, notable dans une bourgade provinciale, va-t-il tout faire pour sauver les apparences, en faisant fi des conséquences et des sentiments d'une mère et de son enfant ? Comment une jeune mère trouvera-t-elle la force de surmonter ses épreuves pour retrouver une vie normale ? Un long voyage de l'innocence au pardon, servi par une écriture simple et authentique. (Roman classé par Edilivre dans le "roman sentimental")

 

Destins - au-delà des apparences : Philippe est âgé de près de 80 ans lorsqu'il est brutalement victime d'un accident vasculaire cérébral. De lourdes séquelles vont le rendre très dépendant. Cependant son état, a priori terrible, va en fait le libérer d'un joug moral et social très pesant. En effet, son inactivité physique va lui permettre de se replonger dans ses souvenirs en toute liberté, de revivre une grande histoire d'amour et de laisser libre cours à ses pensées. L'histoire d'un homme profondément humain - avec ses qualités et ses défauts - face à son destin et à des choix plus subis que voulus. (Roman classé par Edilivre dans le "roman psychologique")

 

J'essaie de me spécialiser dans les romans intimistes dans lesquels je dépeins, par leurs ressentis et leurs pensées, des personnages confrontés à des situations très personnelles, en somme "les choses de la vie" qui peuvent survenir à chacun d'entre nous. La vie est ainsi jalonnée d'épreuves en tous genres, pas forcément les mêmes et pas au même moment. À mon sens, tout réside dans la manière de les affronter : de les surmonter ou non, de les dépasser ou non.

 

Un cadeau à faire qui pourrait "intéresser" l'un de vos proches ? Tant d'occasions de faire plaisir se présentent : anniversaire, Fête des Mères, cadeau de Noël, visite à l'hôpital, récompense, aide psychologique selon le thème, etc...) ou tout simplement pour VOUS, pour votre bibliothèque familiale. Je sais, le choix est vaste parmi les milliers d'auteurs, et surtout parmi les écrivains connus, très connus, propulsés par des sponsors puissants. Mais chacun a son propre lectorat ; il suffit d'être déniché et repéré d'une manière ou d'une autre, notamment par le bouche à oreille, dans les salons - surtout les salons locaux. J'ai pu me rendre le samedi 23 mars 2013 au Salon du Livre de Paris, au stand d'Edilivre : beaucoup d'heures de trajet (aller et retour) pour à peine deux heures et demie de séance de dédicaces. J'en garde néanmoins un merveilleux souvenir, même si mon créneau horaire du matin n'était pas le plus propice à la rencontre, même si les "grands noms" ont fait de l'ombre aux autres participants.

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 14:41

Je regarde peu la télévision. Cependant cette semaine - dimanche 14 avril précisément - France 2 diffusait l'adaptation d'un ouvrage de Tatiana de Rosnay. Je ne l'ai pas encore lu, mais maintenant j'ai hâte d'en prendre connaissance.

 

Voici l'article de Télémagazine (semaine du 13 au 19 avril 2013) figurant à la page 26 :

 

"Elle s'appelait Sarah. Captivante, tel est le maître mot de cette histoire, dans laquelle nous entraîne avec brio Kristin Scott Thomas, à la recherche de la vérité.

Drame de Gilles Paquet-Brenner (2009, 1h51). Avec Kristin Scott Thomas, Niels Arestrup, Mélusine Mayance.

Dans cette adaptation du livre éponyme de Tatiana de Rosnay, Kristin Scott Thomas incarne Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français. En préparant un article sur la rafle du Vel'd'Hiv', celle-ci va remonter le fil de la vie de Sarah, une fillette de 10 ans. Les émotions que le personnage nous procure sont intenses et c'est précisément pour être au plus près de ce que ressent Julia que la comédienne n'a pas souhaité se documenter excessivement sur cette période complexe. "J'ai volontairement choisi de faire le même parcours que Julia face à ces évènements, dit-elle. Je n'étais jamais allée au Mémorial de la Shoah, par exemple, et je n'ai pas voulu m'y rendre avant le tournage. Je voulais partir de zéro en quelque sorte."  Au final, ça sonne tellement vrai qu'on en ressort bouleversé. Kristin Scott Thomas ne changera pas d'époque pour le tournage de Suite française, une série d'histoires ayant pour cadre la France occupée des années 1940. Transformation physique en revanche dans son dernier film Only God forgives (sortie en Mai prochain). L'actrice se fait blonde pour jouer la mère de Ryan Gosling, qui est aussi une figure de la pègre. Nul doute que l'actrice va encore nous surprendre."

 

Que vous dire : pour une fois je ne me suis pas endormie devant mon poste de télé ! J'ai été littéralement "scotchée" sur la banquette en suivant avec une farouche attention l'époque présente (soixante ans après la rafle du Vel'd'Hiv') entrecoupée par les retours en arrière (été 1942) relatant l'histoire de Sarah. Je n'ai pu m'empêcher de laisser échapper des larmes d'émotion, tant par l'histoire de cette petite fille et de sa famille que par celle de Julia, la journaliste en quête de vérité qu'elle parviendra à trouver. La scène la plus intense du film (du moins pour moi) est celle de la découverte du petit frère que Sarah avait pris soin, de son propre chef, de cacher afin de le protéger de la rafle. La fillette - toujours en possession de la clé du placard dissimulé dans une cloison murale de l'appartement parisien -, a réussi à s'échapper pour aller "délivrer" son petit frère. J'ai pensé naïvement (ou bien mon esprit a voulu censurer l'inacceptable) que quelqu'un l'avait "déjà" trouvé et que le placard était vide. Les secondes m'ont paru excessivement longues avant l'explosion de surprise horrifiée : le regard et le cri de Sarah m'ont glacé le sang ! Nul besoin de voir par soi-même la découverte macabre de la petite fille, image cauchemardesque qui la poursuivra jusqu'à sa mort. Je ne n'en dévoile pas plus.

 

Prestation exceptionnelle de Mélusine Mayance dans le rôle de Sarah enfant, et de Kristin Scott Thomas dans celui de Julia.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 22:50

C'était le sujet de la dissertation à rendre pour le 12 juin 1967 (en classe de première), avec "Commentez cette phrase". Vous la trouverez ci-dessous :

 

 

Victor Hugo, poète du dix-neuvième siècle, a été le plus populaire des poètes de son temps et il reste le plus populaire des poètes français. Même André Gide répondit à un enquêteur qui lui demandait le nom du plus grand poète français : "Hugo, hélas !". Pourquoi victor Hugo est-il le plus grand poète français ? Et pourquoi ce hélas !" ?

 

 

Victor Hugo manifeste dans son oeuvre certaines vertus incontestables. Tout d'abord, il faut considérer le volume de son oeuvre, sa fécondité qui est, chez lui, "l'aptitude à tirer de soi-même des formes toujours différentes de création". Sa poésie est la seule grande poésie, qui, en France, se soit déployée dans l'étendue avec aisance et faste. Ici la quantité fait déjà fonction de qualité.


La diversité est aussi une vertu incontestable de son oeuvre : Victor Hugo a fini par dépasser le mouvement littéraire de son temps pour suivre sa propre évolution. La diversité de son oeuvre est fonction de la liberté qu'il conçoit pour le poète : contrairement aux interdits classiques (qu'il récuse) et aux interdits modernes (qu'il ignore), V. Hugo voit dans "la poésie, un vaste jardin où il n'y a pas de fruit défendu" (Préface des Orientales). Pour lui "le domaine de la poésie est illimité" (Préface des Odes et ballades). Aussi aborde-t-il tous les thèmes, tous les tons : avec La légende des siècles, Victor Hugo donne à la France un exemple d'épopée ; avec les Châtiments, un exemple de satire politique ; avec certains poèmes dont La tristesse d'Olympio, un exemple de poésie lyrique ; avec Hernani ou Ruy Blas, un exemple de drame théâtral etc...

 

Le style hugolien est aussi un atout majeur. La richesse de son vocabulaire lui permet d'aborder tous les thèmes sans manquer de termes exacts. L'éclat des images, les métaphores, les antithèses (ex. : l'ombre appelle la lumière ; le crime appelle l'innocence ; le sublime appelle le grotesque comme Don César, grotesque devient sublime etc...) créent dans son oeuvre un réalisme poussé parfois jusqu'au morbide (ex. : Cromwell signant l'arrêt de mort de Charles I et barbouillant en même temps d'encre le visage d'un secrétaire. C'est la coexistence de comique et de tragique mais cela montre aussi le cynisme de Cromwell). V. Hugo acquiert progressivement "une sorte de souveraineté technique qui prend forme non plus d'une virtuosité mais d'une identité absolue du mouvement intérieur du langage".


Thibaudet écrit : "La royauté des mots, nul ennemi ne la lui conteste". Mallarmé dit de lui qu'il "fut le vers personnellement". Il faut donc compter comme vertu, sa connaissance approfondie et cultivée de la langue française : syntaxe et vocabulaire, ainsi que son immense imagination d'où résultent les métaphores, les images.

 

 

Pourquoi ce "hélas !" ?

Je crois qu'il s'agit surtout de son style ; malgré sa royauté sur les mots, certains disent qu'il est le moins verbal de tous à cause de son éloquence vide, sa déclamation insupportable. Certains voient en lui "le type de poète égaré dans les directions funestes de l'anecdote, du didactisme, de l'éloquence : on lui reproche d'avoir ignoré la rigueur, l'ambiguité, la pureté". Ex. : "un seul vers de Nerval, dit-on, pèse plus lourd que les dix mille vers des Contemplations ; les deux cent cinquante pages des Fleurs du mal l'emportent sur les dix mille pages de son oeuvre poétique".

 

Maître souverain des mots, il les manie avec une négligence déconcertante, entassant les répétitions, accumulant les mêmes épithètes, retrouvant les mêmes rimes, en un mouvement de "redite". Est-ce de l'inconscience d'un génie élémentaire, un manque de goût, un procédé de facilité et de paresse ?

 

Victor Hugo écrit dans William Shakespeare : "Tout dans le génie a sa raison d'être". On doit donc comprendre que cette monotonie, cette redite, ne sont ici ni une faiblesse ni une ruse du style mais qu'elles en sont l'une "des raisons d'être".

 

M. Raymond a signalé "son génie du grotesque" qui ne doit pas être confondu avec celui de la satire politique ou morale. Ce grotesque est révélé par son théâtre et on dit de lui "Un Hugo rabelaisien et "espagnol" s'y ébrout sous les haillons d'un picaro, dans un monde irrégulier, au milieu d'une nature déchiquetée, baroque, toute en excroissances et en tumeurs".

 

Enfin, malgré quelques défauts de Victor Hugo, entre autre son orgueil - personne n'est parfait en aucune matière -, Hugo reste le plus grand poète français. Le poète L.-P. Fargue dit de lui "Ce Hugo, c'était l'honneur de notre profession". Gautier voit en lui "un arbre immense", Sainte-Beuve le considère comme "un homme qui a des facultés extraordinaires et disproportionnées", Leconte de Lisle le compare à l'Himalaya, autant d'images qui concordent pour suggérer l'idée de la puissance et d'une démesure étrangère à ce que l'on est convenu d'appeler le génie français. Enfin Th. Maulnier voit en définitive en lui "la parfaite réalisation du mythe de l'homme des lettres" : "Une fois au moins dans l'histoire des lettres, une oeuvre a été consacrée à faire passer dans la légende humaine, non ses créatures, mais son créateur".

 

 

J'ai obtenu une note très honorable à mon devoir.

Appréciation de ma prof : "Un devoir bien composé, des idées exactes. Mais utilisation trop passive des appréciations des critiques : on aimerait trouver des citations, une étude précise des qualités de tel ou tel passage d'un poème !"

 

Pas facile de se mettre dans la tête d'un prof et de savoir exactement ce qu'il souhaite trouver dans nos copies. J'imagine que les prof de lettres et de philosophie doivent avoir la tête "farcie" à la lecture de toutes ces copies d'élèves. Un sacré travail quand même de leur part  : préparer chaque cours, le présenter en classe et corriger donc lire un tas de dissertations. Chapeau bas !

 

 



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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 22:00

Encore une dissertation faite en première A (littéraire) pour le 10 avril 1967, dont le sujet était le suivant :

 

"Chateaubriand a été surnommé "L'enchanteur" par ses contemporains. Trouvez-vous que c'était justifié à son époque et vous apparaît-il encore ainsi aujourd'hui ?"  (en 1967 je le rappelle, mais je pense que c'est encore valable en 2013 !)

 

 

C'est en 1801 que Chateaubriand fit paraître son premier roman Atala, lequel remporta un succès éclatant. Il fut encouragé par ce succès et publia Le Génie du Christianisme dont devait faire partie Atala et René. C'est à cette époque qu'il fut surnommé "L'enchanteur" par ses contemporains grâce à Atala qui produisit justement un "effet d'enchantement".

 

 

C'est à son style que Chateaubriand doit son surnom. Comme il existe des artistes peintres, des artistes musiciens, il existe aussi des artistes poètes ou écrivains. En effet, on peut considérer Chateaubriand comme un artiste qui essaie de transcrire la beauté et la majesté de la nature ou bien d'analyser les sentiments humains. Pour cela, il se sert des armes d'un écrivain : son style et sa plume, comme un peintre se sert d'un pinceau et d'une palette, et comme un musicien utilise un instrument de musique.

 

Un tableau, une symphonie peuvent enchanter ; de même une belle page, un beau roman peuvent émouvoir et enchanter. En effet, ce que l'on admire le plus chez Chateaubriand, ce n'est pas l'originalité de ses sujets - qui tiennent tout de même une certaine place - mais surtout la description de paysages magnifiques, compositions d'art pleines de majesté et organisées comme de véritables tableaux ayant un pouvoir presque magique de suggestion.

 

Grâce à ce style, à ce don de suggestion qui émanent de ses oeuvres, il se sert harmonieusement du décor pour l'accorder avec art à la situation et aux sentiments des personnages : en effet, la nature ne tient pas seulement le rôle de décor mais elle sert de miroir à l'analyse psychologique des sentiments :

"Un jour, je m'étais amusé à effeuiller une branche de saule sur un ruisseau, et à attacher une idée à chaque feuille que le courant entrainait...  Et encore est-il vrai que bien des hommes attachent leur destinée à des choses d'aussi peu de valeur que mes feuilles de saule ?"

"Les sons que rendent les passions dans le vide d'un coeur solitaire ressemblent au murmure que les vents et les eaux font entendre dans le silence d'un désert".

"Qu'il fallait peu de choses à ma rêverie ! Une feuille séchée que le vent chassait devant moi, une cabane dont la fumée s'élevait dans la cime dépouillée des arbres..., souvent j'ai suivi des yeux les oiseaux de passage qui volaient au-dessus de ma tête. Je me figurais les bords ignorés, les climats lointains où ils se rendent."

"... Levez-vous vite, orages désirés qui devez emporter René dans les espaces d'une autre vie !"... "Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enfammé, le vent sifflant dans ma chevelure, ne sentant ni pluie ni frimas, enchanté, tourmenté et comme possédé par le démon de mon coeur..."

 

La nature lui sert de source intarissable de comparaisons, de symboles. C'est surtout le roman Atala qui produisit un "effet d'enchantement" car ce fut une nouveauté : ses oeuvres étaient une "sorte de production d'un genre inconnu" qui marquait "l'aube de la littérature romantique". L'exotisme américain qui se dégage d'Atala était un genre tout à fait nouveau bien que d'autres aient publié leurs impressions d'Amérique. De ce roman, on devine l'âme de Chateaubriand lui-même avec les mêmes sentiments : solitude, mélancolie... la peinture de paysages extraordinaires, l'amour de deux êtres à demi-sauvages, et en pleine nature. C'est pourquoi les contemporains de Chateaubriand le surnommèrent "L'enchanteur", et ceci à juste raison.


 

Qu'en est-il aujourd'hui ? Chateaubriand est lu, surtout Les Mémoires d'outre-tombe, car en se racontant lui-même, Chateaubriand raconte son siècle tout entier ; cette autobiographie devient une oeuvre d'histoire dont on retrouve certains passages comme documentation dans les livres d'Histoire : la prise de la Bastille, l'entrée à Moscou, la retraite de Russie, et tant d'autres.

 

On ne recherche pas le côté enchanteur de son oeuvre, tout du moins je ne crois pas. Certes on admire son style ; on peut justifier le surnom d' "enchanteur", mais quoique l'on dise, je ne pense pas qu'Atala  produise encore "un effet d'enchantement". On est sensible à son charme mais pas enchanté. On admire l'aisance de son style qui fait de ses oeuvres de véritables poèmes en prose - il définissait lui-même son oeuvre comme "une sorte de poème moitié descriptif, moitié dramatique". On envie le don de suggestion, l'harmonie de ses phrases, la magie de ses mots ; on envie son imagination débordante, mais on n'est pas enchanté. Pourquoi ? À notre époque, cet exotisme américain n'est plus une nouveauté ; on préfère peut-être à Chateaubriand d'autres poètes ; ou bien le mal du siècle de Chateaubriand ne nous atteignant pas, nous nous enthousiasmons moins à ses oeuvres, donc il n'y a pas "d'effet  d'enchantement".

 

Chateaubriand apparaît-il encore un "enchanteur" à notre époque ? La réponse est tout à fait personnelle : on peut se sentir enchanté à la lecture d'un roman de Chateaubriand ou on peut être sensible - ce que mérite Chateaubriand -, on peut aussi détester Chateaubriand , lui trouver tous les défauts ; moi j'aime Chateaubriand dans la juste mesure : je suis sensible à certains passages mais je ne suis pas enchantée par son oeuvre.

 

 

À notre époque, nous louons dans Chateaubriand, moins le rêveur que le peintre, moins le sentiment et la fantaisie que la couleur. Sa gloire c'est d'avoir compris, aimé, reproduit les magnificences de la nature et la poésie de la lumière et de la matière. Chateaubriand est un peintre ayant utilisé la plume et son style au lieu du pinceau et de la palette.

 

 

 

Appréciation de ma prof. de français : "Idées et exemples présentés avec ordre et netteté" et la mention A.B. (assez bien). J'ai dû écrire déjà qu'elle mettait rarement des mentions.

Alors, vous ai-je donné envie de lire - ou relire - les oeuvres de Chateaubriand ? Que c'est loin tout cela pour moi aujourd'hui ! Je leur préfère les thrillers psychologiques, les romans de société dans lesquels se mêlent intrigues et psychologie, actions et sentiments !

Bonne lecture.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 16:14

Comme remède aux grands troubles de l'âme, Montesquieu recommandait la lecture. Lamartine au contraire disait : "Mais la nature est là, qui t'invite et qui t'aime." Quel est celui de ces remèdes que vous choisiriez et pourquoi ? (Sujet de dissertation de français pour le 6 mars 1967, en première)

 

Montesquieu pense que la lecture est un excellent remède aux troubles de l'âme tandis que Lamartine dit :"Mais la nature est là, qui t'invite et qui t'aime." Quel est le meilleur remède ? La nature ou la lecture ?

 

Est-ce que la lecture peut être un remède aux troubles de l'âme ? En ce qui me concerne, tout dépend du livre. D'abord quels seraient ces troubles qui agiteraient notre âme : l'amour, la haine, la mélancolie, le désespoir ? Que sais-je ? D'après mon trouble, je choisirais plus particulièrement tel ou tel livre : le choix de la lecture révèle la personnalité du lecteur. Si je suis amoureuse et que cet amour ne semble pas partagé, j'aurais tendance à lire des romans où tout finit bien, c'est-à-dire par le mariage des amoureux. Si je me sens désespérée, je lirais un livre dans lequel le héros n'a pas de chance et rencontre tous les malheurs possibles. Le sentiment commun de désespoir me lierait à ce personnage, car en lisant toutes les tentatives de se réhausser, de vaincre son désespoir, j'essaierais d'imiter le héros du roman, je tenterais de ne plus être accablée et de m'en sortir.

 

La lecture peut nous révéler les aspects de nous-même. En quoi ? On peut y découvrir ses connaissances, ses sentiments : on peut se voir différent de ce que l'on est réellement ou plutôt de ce que l'on pense être. On peut éprouver de la pitié ou de l'admiration - sentiments presque inconnus auparavant ; on peut découvrir à quel degré on est sensible ou insensible à cause du trouble de son âme. La lecture nous permet aussi de nous identifier au héros comme par exemple l'amoureux incompris qui lit des romans où tout se termine bien : il se met à la place de l'un des personnages et il oublie pour quelque temps son propre chagrin puisqu'il peut se croire aimé de retour ; ou alors, à la suite de sa lecture, il rêve et se voit en personne comblée. Comment le lecteur, dont l'âme est sujette à des troubles, se sent-il s'identifier au héros ? En lisant, il pénètre dans l'atmosphère du livre et arrive à perdre conscience de ce qui l'entoure et de ce qu'il pense ou ressent vraiment, donc il oublie momentanément son trouble, quel que soit le type de lecture : romans, poésie et même pièces de théâtre.

 

La lecture peut donc être parfois un remède à une passion, à un sentiment quelconque qui bouleversent l'âme. L'est-elle toujours ? Pour ma part, elle peut raviver un chagrin ou même l'aggraver en me faisant pleurer, tout dépend de mon état d'esprit du moment. De même, le degré de passion ou de sentiment qui agite l'âme d'un lecteur peut être à un tel point élevé que ce dernier ne s'intéressera plus à rien, comme par exemple il lira quelques lignes et refermera aussitôt le livre (réaction identique devant n'importe quelle autre occupation d'ailleurs). Si malgré tout, le lecteur parvient à poursuivre sa lecture qui l'intéresse, il pourra en dire avec amertume et même dédain que "c'est du roman", que c'est impossible ou que cela ne le lui arrivera jamais. Dans ce cas, la lecture ne peut pas jouer le rôle de remède, elle peut le rendre incrédule, et même accentuer ou déformer son trouble par un sentiment de jalousie car il ira jusqu'à envier le bonheur du héros de son livre.

 

Alors la nature, quel rôle pourrait-elle jouer devant les troubles de l'âme ? Elle pourrait peut-être apporter calme et apaisement par les promenades, le grand air, le soleil, la végétation. Selon les personnes, la nature pourrait être un remède.

 

Pour ma part, quand je ressens par exemple un sentiment de colère (quelle qu'en soit la raison), je sors faire une promenade rapide et même une petite course. Avec l'effort physique et l'essoufflement dans un cadre neutre comme la nature, je parviens bien souvent à me calmer, au moins partiellement. La détente ainsi procurée libère aussi des larmes qui complètent le retour au calme et me fait apprécier mon environnement et même parfois l'inutilité de ma colère. De même, lorsque je me sens triste, j'aime écouter le chant des oiseaux, admirer et sentir les fleurs, regarder l'eau scintiller sous les rayons du soleil, entendre le murmure du feuillage dans les arbres. Je me sens consolée. Oui, comme le dit Lamartine 'la nature est là qui m'invite et qui m'aime'. Mais tout le monde ne peut pas profiter de la nature, en cas d'immobilisation par exemple. Si je suis malade et cloîtrée, si je n'ai pas de livres à lire, que me restera-t-il comme remède aux troubles de l'âme ? Le rêve éveillé, qui, même s'il n'autorise pas de rencontres avec des personnages livresques ou avec la nature, me tiendra lieu de remède en me permettant de me projeter dans l'avenir, de trouver des solutions, de m'imaginer ou de voir les autres autrement.

 

Pour ma part, selon la personnalité et la nature des troubles de l'âme, je trouve trois remèdes aux troubles de l'âme : la lecture, la nature et le rêve. Je n'ai aucune véritable préférence car j'utilise les trois selon "mon trouble".

 

 

Lorsque j'ai relu ce devoir, j'ai souri sur son contenu. Quels troubles majeurs agitent les adolescents, sinon les premiers émois amoureux, le mal être indéfinissable et difficile à exprimer à cet âge-là.

 

Ma note a été honorable, sans plus, avec comme appréciation du prof : "Inégal. Des remarques intéressantes parfois. Mais vous tendez trop à parler pour n'importe qui et pas assez pour votre propre compte"... Effectivement, la question dans le sujet du devoir était : "Quel est celui de ces remèdes que VOUS CHOISIRIEZ et pourquoi ?"

 

Bonne lecture. C'est le cas de le dire (rires !)

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 13:24

Rousseau, dans les Rêveries, est tout en contradictions. Il revendique la solitude physique et elle finit par devenir, pour cet être aimant et souffrant, une cruelle solitude morale. En fait Rousseau n'a jamais connu cette sérénité qu'il exprime dans certaines promenades des Rêveries. Ce sont plutôt le témoignage de l'échec humain d'un solitaire qui ne peut se passer de ses semblables et de leur affection et qui ne peut pas non plus abandonner ce besoin d'écrire qu'il feint de mépriser.

 

 

La première promenade montre un Rousseau résigné, qui n'attend plus rien de la vie, et s'il écrit, c'est pour lui-même et non pour les autres qui ne l'ont pas compris : "Dès lors je me suis résigné sans réserve et j'ai retrouvé la paix."  Il adopte une politique d'abstention : "tout ce qui m'est extérieur m'est étranger désormais"  et il écrit aussi que "s'abstenir est son unique devoir."  Dans la seconde promenade, une tristesse le pénètre. C'est le thème de l'automne renouvelé, transformé, qui symbolise le moment de transition entre la jeunesse et la vieillesse. Une impression de solitude domine. Le thème de la mélancolie y est aussi traité, le souvenir est une consolation et il se met à la recherche du temps perdu. Rousseau trouve aussi une consolation dans la littérature. Il se plonge dans la lecture dans la troisième promenade. Il embrasse rétrospectivement l'histoire de sa démarche philosophique : "je deviens vieux en apprenant toujours" (Solon). Ici, Rousseau nous apparaît ferme, d'une apparente sérénité ou résignation. Il se croit même à l'abri. Cet état d'esprit se poursuit dans la cinquième promenade ; c'est une période stable pour l'esprit de Rousseau. Et c'est l'apparente vie heureuse de l'Île de Saint-Pierre où il a confiance de pouvoir se suffire à lui-même. C'est une réaction logique de Rousseau devant une humanité qui se refuse à lui. La cinquième promenade marque le point d'aboutissement extrême de l'existentialisme de Rousseau. Il aspire à "jouir de son être". Et dans la mesure où il se rapproche des Mystiques, il se fait son système de valeurs qu'il oppose à celui du monde : à lui l'absolu et le permanent, aux autres le relatif et l'éphémère ! Ainsi Rousseau mêle les principes socratiques à "l'ataraxie" stoïcienne. Dans la huitième promenade, Rousseau se persuade que, même durant ses moments de prospérité où il était aimé des hommes, il n'était pas heureux. C'est une période calme où il affirme qu'il se trouve heureux seul et ne voudrait pas changer de place avec un homme comblé ! Réduit à vivre seul, il veut se suffire à lui-même. Dans la dixième promenade, Rousseau se plonge dans le souvenir de Madame de Warens.

 

Ces promenades montrent un Rousseau qui semble résigné, heureux, serein, aimant la nature et la vie, et "jouissant de son être". Mais ce n'est qu'une image idéale qu'il modèle lui-même. En fait, dans les quatrième, sixième, septième et neuvième promenades, Rousseau nous apparaît tout autre, en plein désarroi, et c'est ce qu'il est effectivement.

 

 

Dans la quatrième promenade, Rousseau médite sur le mensonge ; il démontre qu'il n'a jamais menti. Cette promenade, tout en revirements, trahit un profond désarroi, et Rousseau se demande s'il est aussi facile de se connaître soi-même qu'il l'a cru dans le passé. L'Idéal de Rousseau dans les Rêveries est une sorte de stoïcisme chrétien plutôt qu'un mysticisme. On remarque dans la sixième promenade que l'humanisme de Rousseau est plus rêvé que vécu : il est idéaliste ! Il se plaint amèrement de ce que les hommes aient changé à son égard. Pourquoi se plaint-il puisqu'il dit préférer la solitude ? Finalement, il en vient à se demander si ce n'est pas lui qui a changé : il présente cette question comme une absurdité. Ne serait-ce pas de l'angoisse ? Car le sentiment de l'absurde touche souvent de très près l'angoisse. Rousseau est inquiet, et à force de penser à cet éventuel changement, il perd sa sérénité retrouvée à la cinquième promenade. Il se propose d'être "nul". Dans la septième promenade, il n'a pas cessé de penser aux hommes, à leurs jugements contre lui, et il en arrive à écrire : "c'est me venger de mes persécuteurs à ma manière, je ne saurais les punir plus cruellement que d'être heureux malgré eux". Cette phrase-même trahit qu'il n'est pas heureux, mais qu'il veut montrer aux autres et à lui-même qu'il l'est. Et pour échapper à ces idées démoralisantes, il s'échappe dans le monde de la botanique. Le promeneur solitaire croit avoir renoncé à trouver le bonheur sur cette terre, il se croit résigné à n'avoir plus de rapports avec la société, avec ses semblables, mais la neuvième promenade prouve assez qu'il cherche à se tromper, et, en fait, s'y exprime la frustration des sentiments sociables de Jean-Jacques Rousseau. Au lieu d'être heureux, d'avoir trouvé la paix comme il le prétendait, il se sent frustré. Cette promenade montre le plus les contradictions de Rousseau.

 

 

Pourquoi Rousseau cherche-t-il à admettre et à faire admettre qu'il est heureux dans sa solitude ? Si ce n'est à cause de l'orgueil qui l'anime depuis toujours : le Rousseau hanté par la crainte que l'on puisse le confondre avec les autres hommes, Rousseau plus contradictoire que jamais ! Les Rêveries révèlent un autre homme dans certaines promenades, mais dans les autres il est moins changé dans ses inquiétudes et dans ses vains espoirs qu'il prétend le croire. Rousseau est emprisonné, étouffé par une solitude à la fois voulue et haïe, et par autosuggestion, il essaie de se persuader qu'il a retrouvé la paix, et que le silence hostile des hommes ne peut plus l'atteindre et le faire souffrir.

 

 

J'ai rédigé cette dissertation de lettres à 17 ans 1/2 en classe de terminale. Je n'étais pas toujours régulière en cours de français, car je réagissais beaucoup en fonction de mes "goûts" donc de mes préférences ! J'ai obtenu une bonne note à ce devoir avec la mention A.B. (assez bien). Mon prof. mettait très peu d'appréciations de ce type à l'ensemble de la classe, autant vous dire que lorsque nous obtenions un A.B., nous étions aux anges. Je n'ai jamais eu de B. (bien). Ci-après son appréciation écrite : "Construction du devoir sur une opposition fort acceptable. Des réflexions parfois subtiles".

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 21:50

Jean-Jacques Rousseau s'en prend longuement au Misanthrope, plus par raisons personnelles - ses brouilles avec ses deux plus chers amis Grimm et Diderot -, que par raison littéraire, bien qu'il écrive que c'est le chef d'oeuvre de Molière.


 

Il s'identifie à Alceste et lui prête ses propres ressentiments. Il écrit dans la lettre à d'Alembert que "Alceste est un homme droit, sincère, estimable, un véritable homme de bien qui déteste les moeurs de son siècle et la méchanceté de ses contemporains."


 

Alceste est-il vraiment cet homme-là ? Comme il déteste les maux et les vices de ses semblables, il reproche son manque de franchise à Philinte : Alceste est forcément droit. Il se dit également homme d'honneur et de vertu : aux vers 35 et 36, il dit "Je veux qu'en homme d'honneur, on ne lâche aucun mot qui ne parte du coeur."  Il a également un coeur sincère : par exemple, son amour pour Célimène est sincère même s'il déplore sa coquetterie, et comme il est juste, il veut demander des explications à Célimène au sujet de ce défaut. Alceste est également franc lorsqu'il donne son opinion sur le sonnet d'Oronte. Il est d'une sincérité implacable : "Je veux qu'on soit sincère." (Vers 35). Il est donc estimable par sa franchise, sa loyauté. D'ailleurs n'aime-t-on pas "que" les gens francs et loyaux au lieu des hypocrites et des menteurs ? Alceste est aussi un véritable homme de bien car il voudrait que tous soient honnêtes et sincères. Il n'aime que ce qui est juste et bon sur la Terre. Il déteste les moeurs de son siècle où la noblesse se faisait poète-amateur et écrivait des sonnets précieux, légers, frivoles qui ne plaisaient pas du tout aux gentilhommes comme Alceste, qui en dit d'ailleurs : "Ce n'est que jeux de mots, qu'affectation pure, Et ce n'est point ainsi que parle la nature. Le méchant goût du siècle, en celà, me fait peur."


 

En écrivant qu'il déteste la méchanceté de ses semblables, Rousseau vise surtout ses anciens amis Grimm et Diderot avec qui il se brouille définitivement en 1757.


 

L'auteur lui donne un personnage ridicule, dit encore Rousseau : le misanthrope de Molière joue un rôle ridicule. En effet, Alceste nous apparaît ridicule dans son exagération. Il est trop catégorique, d'une sincérité trop inflexible. Il n'aime pas les moeurs de son siècle, et pourtant tout citoyen doit s'habituer et s'imposer dans n'importe quelle société malgré ses défauts. Alceste, lui, montre bien qu'il est l'ennemi des ménagements qu'impose la vie de société de son époque : il est contre tout et tous. Les gens pensent que Molière joue la haine des hommes à travers Alceste. Rousseau croit le contraire : le misanthrope n'est pas l'ennemi du genre humain. En s'identifiant à Alceste, Jean-Jacques Rousseau se vise lui-même. En effet comme il veut se retirer dans sa solitude, il veut se persuader qu'il ne hait point les hommes mais qu'il déteste leurs défauts qui les conduisent aux vices. Pourtant lorsque Philinte dit à Alceste "Vous voulez un grand mal à la nature humaine", Alceste répond "Oui, j'ai conçu pour elle une effroyable haine" (Vers 113 et 114), et il ajoute au vers 118 "je hais tous les hommes."


 

Néanmoins, Rousseau ne démord pas de son opinion ; il croit qu'Alceste dit cela sous le coup de l'emportement, qu'il ne le pense pas vraiment et que, dans son for intérieur, il n'éprouve pas une telle aversion envers les hommes : "Il est naturel que cette colère dégénère en emportement et lui fasse dire alors plus qu'il ne pense de sang-froid."  Rousseau ajoute également "qu'un vrai misanthrope est un monstre" qui ferait "horreur", s'il existait. Pour lui, Alceste ne fait absolument pas horreur puisque l'on rit, but que s'est fixé Molière en le faisant jouer un rôle ridicule.



Rousseau dit encore que "s'il n'y avait ni fripons ni flatteurs, il aimerait tout le genre humain". Il est vrai que, misanthrope ou non, on peut éprouver de l'aversion pour certaines personnes antipathiques, et tout gentilhomme sincère, loyal et ayant le sens de l'honneur est misanthrope en son for intérieur lorsqu'il se trouve devant des fripons et des flatteurs. On n'a rien à craindre d'un misanthrope qui est l'ennemi des défauts de la société, tandis que l'on peut s'attendre à tout de "l'ami du genre humain", qui, sous un masque de bonté et de sincérité, cache l'hypocrisie et la méchanceté. En effet, l'ami du genre humain n'ose pas dire sa véritable pensée, il a peur de communiquer ses quatre vérités à quelqu'un, il flatte ses défauts ou ses actions (bonnes ou mauvaises) pour ne pas le perdre. D'ailleurs cet homme-là est souvent l'ami de celui qui l'intéresse à tout point de vue.


 

Rousseau, en prenant prétexte d'analyser le caractère d'Alceste par rapport à la pièce de Molière, cherche à expliquer sa conduite et sa raison de vouloir se retirer dans sa solitude. En s'identifiant à Alceste, il juge à la fois la conduite d'Alceste et la sienne.


 

Commentaire : cette dissertation de français a été rédigée pour le lundi 30 janvier 1967, alors que j'étais âgée de seize ans et demi. Il y a des lourdeurs dans le style, mais ne dit-on pas que l'on s'améliore avec l'âge ? J'ai obtenu une note très honorable avec comme appréciation : "Un développement bien appuyé d'exemples et nettement construit. Des lacunes toutefois : le ridicule d'Alceste n'est pas assez montré et discuté. Molière a-t-il joué la vertu ?"

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 10:37

Le titre vous interpelle ?

 

"Fast", mot anglais signifiant "rapide", "slow" signifiant "lent" et "food" nourriture.


Avec les "restaurants" McDonald's, Quick, Flunch et autres cafétérias, le repas doit être consommé rapidement. Bien souvent, la pause méridienne des travailleurs ne permet pas de rentrer chez soi pour se restaurer. Quand le repas est pris à l'extérieur, l'heure de reprise ne permet pas non plus de s'attarder, ils sont donc bien pratiques. Même des enseignes de magasins ont leur restauration rapide comme Géant Casino et IKEA.

 

Un mouvement nommé "Slow Food" - expression qui renvoie à la version "fast food" - a pris naissance dans le Piémont, région du Nord de l'Italie, synonyme de gastronomie et de bons vins. L'association a son siège à BRA et emploie une centaine de personnes pour coordonner le réseau international. Ce mouvement lancé officiellement en 1989 compte environ 85000 membres dans une centaine de pays. L'origine de ce mouvement est relatée ci-après :

 

Quand la chaîne McDonald's décide d'installer en 1986 un établissement de restauration rapide sur la splendide Piazza di Spagna dans la Rome antique, le chroniqueur gastronomique Carlo Petrini s'insurge contre cette attaque de la "malbouffe" en terre d'Italie et décide avec des amis de jeter les bases du mouvement "Slow Food". Ils parviennent, avec humour et intelligence, à convaincre nombre d'artistes, de gastronomes, d'oenologues et d'intellectuels italiens de se joindre à leur projet. C'est ainsi que Slow Food devient en 1989 une organisation internationale à but non lucratif.

 

L'Italie est le berceau de la grande cuisine européenne ; même la France dont la renommée dans le domaine de la gastronomie n'est plus à démontrer, lui est redevable de ses lettres de noblesse.

 

Slow Food prône un retour aux produits du terroir. Sa maxime est "Le bon, le sain, le juste",  pour : le plaisir, la santé et la responsabilité citoyenne. Ce mouvement a pour objectif :

- d'éveiller le goût à une nourriture de qualité et à de nouvelles saveurs,

- d'expliquer d'où viennent les aliments et comment ils sont produits,

- d'inviter le consommateur à choisir en fonction de l'impact sur l'environnement, l'emploi et la biodiversité.

 

"La vie est trop courte pour mal manger et mal boire" : les turinois défilent devant ce slogan et règlent leurs achats effectués chez Eataly, un supermarché pour gourmets aménagé dans une ancienne fabrique de vin, qui diffuse les produits estampillés Slow Food. Ce supermarché a ouvert en 2005 face aux anciennes usines Fiat, transformées en galerie marchande par l'architecte Renzo Piano.  

 

Le chroniqueur affirme que "Les bistrots ont été la clé de tout. Les soutenir, avec l'aide financière de la région du Piémont, alors qu'ils étaient en train de fermer, a permis aux traditions de durer et à la production locale de revivre. Au début des années 1980, faute de débouchés, les petits producteurs mettaient les uns après les autres la clé sous la porte. Plus assez rentables, ils étaient délaissés par les grandes surfaces. Les habitants des campagnes ne voulaient plus travailler la terre et partaient pour la ville. Les collines étaient abandonnées. Cette région, agricole à l'origine, risquait de perdre sa culture alimentaire."

 

En France, le Slow Food regroupe à peine 2000 personnes - producteurs, restaurateurs et simples citoyens - vivant essentiellement dans le Sud. "Il y a un vrai problème avec la France : le Slow Food se heurte à un certain complexe de supériorité de certains français qui estiment que l'Italie, avec ses pizzas, n'est pas un pays très sérieux en terme de gastronomie." 

 

Quant à vous, même si de temps en temps vous fréquentez les "fast food" - surtout avec les enfants -, avouez qu'être servi dans un restaurant gastronomique n'est pas pour vous déplaire ! Certes, le tarif n'est pas le même, mais pour des occasions inoubliables, cela vaut la peine de s'y rendre. Et puis, bien acheter les produits du terroir permet aussi de confectionner ses propres menus à la maison, au moins le weekend puisque pendant la semaine, c'est cantine et cafétérias. Allez ! Bon appétit quand même... !

 

Article de Lucile Gauchers, d'après les informations recueillies de Pierre BOERO, dans "El giornaleto dei vicentini", association du Circolo di Lyon (69).

 

 

 

 

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 10:37

"Tant que l'âme, le corps et l'esprit sont en harmonie, rien ne peut nous affecter" (Docteur Edward Bach).

 

 

"Rien ne peut nous affecter" : vision idéalisée, semble-t-il au premier abord ! Le Docteur Edward Bach - médecin bactériologiste et immunologiste britannique du début du XXe siècle était convaincu que la santé - puisque c'est d'elle qu'il s'agit -, n'est pas la simple absence de maladie, mais le véritable état d'équilibre physique, psychique et mental.

 

Pour lui, derrière toute maladie (?) se cachent souvent des problèmes émotionnels ou mentaux. Il les a répertoriés en sept grandes familles :

 

1. - Peur et insécurité

2. - Doutes et incertitudes

3. - Manque d'intérêt pour le présent

4. - Solitude

5. - Hypersensibilité

6. - Découragement et désespoir

7. - Préoccupation excessive d'autrui

 

Un exemple : une étude américaine avait mis en évidence la fréquence du cancer du sein chez les femmes divorcées, maladie beaucoup moins déclarée chez les autres femmes. Quand on sait que le divorce - surtout subi -, engendre la peur et les incertitudes de l'avenir, la solitude jusqu'au découragement et le désespoir, pour peu que ces femmes soient hypersensiblisées, elles sont effectivement les victimes idéales pour tomber malades. Les hommes non plus ne sont pas à l'abri, car le taux de suicide est important chez eux dès lors qu'ils rencontrent des problèmes qui leur paraissent insurmontables. 

 

Le Docteur Bach est à l'origine de 38 élixirs floraux, les plantes sauvages et naturelles recelant des vertus médicinales connues depuis la nuit des temps.

 

Exemple de la Fleur de Bach n° 1 : L'aigremoine - agrimonia eupatoria -, dans la famille des rosacées, dénommée aussi : Eupatoire des anciens ou Herbe de St Guillaume, petites fleurs jaunes s'épanouissant sur de longues tiges, utilisées également en phytothérapie comme astringent doux.

 

Cet élixir soigne les états émotionnels tels que hypersensibilité et influence externe. Souvent, chez ces malades, les souffrances sont cachées derrière un masque jovial : "Derrière cette joie de surface se cache une profonde tristesse. Si je m'autorise à l'accepter, j'accède à des sentiments réels et je gagne en profondeur. Je n'ai plus besoin de faire le clown." Ce soin permettrait donc un changement positif en permettant de retrouver équilibre, calme, acceptation de soi et accès aux vrais sentiments.

 

Alors, continuons à découvrir les bienfaits des Fleurs de Bach toujours aussi prisées au XXIe siècle, si notre santé physique, psychique et mentale nous préoccupe. Ne dit-on pas qu'il vaut mieux prévenir que guérir ? Guérir, quand cela est possible.

 

 

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