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  • : Le blog de LucileG(43)
  • : Lecture et écriture : deux activités complémentaires qui permettent l'évasion et l'expression. L'objectif de ce blog est de faire connaître et de partager nos informations.
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  • Lucile Gauchers
  • Je me suis mise à l'écriture en Juillet 2008. Déjà parus aux éditions EDILIVRE : 
- À la lumière du pardon (2011)
- Destins - Au-delà des apparences (2012)
- Aimer à en perdre la raison (2015)
Ont suivi : En 2016 : Souffles de vies (éd. Abatos)  - La chanson de Karly (collectif LGO) - En 2017 : La dernière à rester et Piégé (auto-édition) - Déviances (éd. Abatos) - Tome 1 de l'album jeunesse : Les découvertes de Colin et de Coline (auto-édition). En mars 2018, le tome 2 : Les découvertes continuent avec Colin et Coline, et prochainement un petit recueil illustré de textes poétiques. Projets immédiats : terminer un roman commencé et les tomes 3 à 5 de l'album jeunesse. Autres projets  : deux romans (l'un en corrélation avec la Dernière à rester, l'autre une fiction historique en Haute-Loire, un troisième tiré d'une histoire). 
Grande lectrice de romans de société et de thrillers psychologiques, j'aime aussi la poésie et la musique.
  • Je me suis mise à l'écriture en Juillet 2008. Déjà parus aux éditions EDILIVRE : - À la lumière du pardon (2011) - Destins - Au-delà des apparences (2012) - Aimer à en perdre la raison (2015) Ont suivi : En 2016 : Souffles de vies (éd. Abatos) - La chanson de Karly (collectif LGO) - En 2017 : La dernière à rester et Piégé (auto-édition) - Déviances (éd. Abatos) - Tome 1 de l'album jeunesse : Les découvertes de Colin et de Coline (auto-édition). En mars 2018, le tome 2 : Les découvertes continuent avec Colin et Coline, et prochainement un petit recueil illustré de textes poétiques. Projets immédiats : terminer un roman commencé et les tomes 3 à 5 de l'album jeunesse. Autres projets : deux romans (l'un en corrélation avec la Dernière à rester, l'autre une fiction historique en Haute-Loire, un troisième tiré d'une histoire). Grande lectrice de romans de société et de thrillers psychologiques, j'aime aussi la poésie et la musique.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 22:50

C'était le sujet de la dissertation à rendre pour le 12 juin 1967 (en classe de première), avec "Commentez cette phrase". Vous la trouverez ci-dessous :

 

 

Victor Hugo, poète du dix-neuvième siècle, a été le plus populaire des poètes de son temps et il reste le plus populaire des poètes français. Même André Gide répondit à un enquêteur qui lui demandait le nom du plus grand poète français : "Hugo, hélas !". Pourquoi victor Hugo est-il le plus grand poète français ? Et pourquoi ce hélas !" ?

 

 

Victor Hugo manifeste dans son oeuvre certaines vertus incontestables. Tout d'abord, il faut considérer le volume de son oeuvre, sa fécondité qui est, chez lui, "l'aptitude à tirer de soi-même des formes toujours différentes de création". Sa poésie est la seule grande poésie, qui, en France, se soit déployée dans l'étendue avec aisance et faste. Ici la quantité fait déjà fonction de qualité.


La diversité est aussi une vertu incontestable de son oeuvre : Victor Hugo a fini par dépasser le mouvement littéraire de son temps pour suivre sa propre évolution. La diversité de son oeuvre est fonction de la liberté qu'il conçoit pour le poète : contrairement aux interdits classiques (qu'il récuse) et aux interdits modernes (qu'il ignore), V. Hugo voit dans "la poésie, un vaste jardin où il n'y a pas de fruit défendu" (Préface des Orientales). Pour lui "le domaine de la poésie est illimité" (Préface des Odes et ballades). Aussi aborde-t-il tous les thèmes, tous les tons : avec La légende des siècles, Victor Hugo donne à la France un exemple d'épopée ; avec les Châtiments, un exemple de satire politique ; avec certains poèmes dont La tristesse d'Olympio, un exemple de poésie lyrique ; avec Hernani ou Ruy Blas, un exemple de drame théâtral etc...

 

Le style hugolien est aussi un atout majeur. La richesse de son vocabulaire lui permet d'aborder tous les thèmes sans manquer de termes exacts. L'éclat des images, les métaphores, les antithèses (ex. : l'ombre appelle la lumière ; le crime appelle l'innocence ; le sublime appelle le grotesque comme Don César, grotesque devient sublime etc...) créent dans son oeuvre un réalisme poussé parfois jusqu'au morbide (ex. : Cromwell signant l'arrêt de mort de Charles I et barbouillant en même temps d'encre le visage d'un secrétaire. C'est la coexistence de comique et de tragique mais cela montre aussi le cynisme de Cromwell). V. Hugo acquiert progressivement "une sorte de souveraineté technique qui prend forme non plus d'une virtuosité mais d'une identité absolue du mouvement intérieur du langage".


Thibaudet écrit : "La royauté des mots, nul ennemi ne la lui conteste". Mallarmé dit de lui qu'il "fut le vers personnellement". Il faut donc compter comme vertu, sa connaissance approfondie et cultivée de la langue française : syntaxe et vocabulaire, ainsi que son immense imagination d'où résultent les métaphores, les images.

 

 

Pourquoi ce "hélas !" ?

Je crois qu'il s'agit surtout de son style ; malgré sa royauté sur les mots, certains disent qu'il est le moins verbal de tous à cause de son éloquence vide, sa déclamation insupportable. Certains voient en lui "le type de poète égaré dans les directions funestes de l'anecdote, du didactisme, de l'éloquence : on lui reproche d'avoir ignoré la rigueur, l'ambiguité, la pureté". Ex. : "un seul vers de Nerval, dit-on, pèse plus lourd que les dix mille vers des Contemplations ; les deux cent cinquante pages des Fleurs du mal l'emportent sur les dix mille pages de son oeuvre poétique".

 

Maître souverain des mots, il les manie avec une négligence déconcertante, entassant les répétitions, accumulant les mêmes épithètes, retrouvant les mêmes rimes, en un mouvement de "redite". Est-ce de l'inconscience d'un génie élémentaire, un manque de goût, un procédé de facilité et de paresse ?

 

Victor Hugo écrit dans William Shakespeare : "Tout dans le génie a sa raison d'être". On doit donc comprendre que cette monotonie, cette redite, ne sont ici ni une faiblesse ni une ruse du style mais qu'elles en sont l'une "des raisons d'être".

 

M. Raymond a signalé "son génie du grotesque" qui ne doit pas être confondu avec celui de la satire politique ou morale. Ce grotesque est révélé par son théâtre et on dit de lui "Un Hugo rabelaisien et "espagnol" s'y ébrout sous les haillons d'un picaro, dans un monde irrégulier, au milieu d'une nature déchiquetée, baroque, toute en excroissances et en tumeurs".

 

Enfin, malgré quelques défauts de Victor Hugo, entre autre son orgueil - personne n'est parfait en aucune matière -, Hugo reste le plus grand poète français. Le poète L.-P. Fargue dit de lui "Ce Hugo, c'était l'honneur de notre profession". Gautier voit en lui "un arbre immense", Sainte-Beuve le considère comme "un homme qui a des facultés extraordinaires et disproportionnées", Leconte de Lisle le compare à l'Himalaya, autant d'images qui concordent pour suggérer l'idée de la puissance et d'une démesure étrangère à ce que l'on est convenu d'appeler le génie français. Enfin Th. Maulnier voit en définitive en lui "la parfaite réalisation du mythe de l'homme des lettres" : "Une fois au moins dans l'histoire des lettres, une oeuvre a été consacrée à faire passer dans la légende humaine, non ses créatures, mais son créateur".

 

 

J'ai obtenu une note très honorable à mon devoir.

Appréciation de ma prof : "Un devoir bien composé, des idées exactes. Mais utilisation trop passive des appréciations des critiques : on aimerait trouver des citations, une étude précise des qualités de tel ou tel passage d'un poème !"

 

Pas facile de se mettre dans la tête d'un prof et de savoir exactement ce qu'il souhaite trouver dans nos copies. J'imagine que les prof de lettres et de philosophie doivent avoir la tête "farcie" à la lecture de toutes ces copies d'élèves. Un sacré travail quand même de leur part  : préparer chaque cours, le présenter en classe et corriger donc lire un tas de dissertations. Chapeau bas !

 

 



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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 22:00

Encore une dissertation faite en première A (littéraire) pour le 10 avril 1967, dont le sujet était le suivant :

 

"Chateaubriand a été surnommé "L'enchanteur" par ses contemporains. Trouvez-vous que c'était justifié à son époque et vous apparaît-il encore ainsi aujourd'hui ?"  (en 1967 je le rappelle, mais je pense que c'est encore valable en 2013 !)

 

 

C'est en 1801 que Chateaubriand fit paraître son premier roman Atala, lequel remporta un succès éclatant. Il fut encouragé par ce succès et publia Le Génie du Christianisme dont devait faire partie Atala et René. C'est à cette époque qu'il fut surnommé "L'enchanteur" par ses contemporains grâce à Atala qui produisit justement un "effet d'enchantement".

 

 

C'est à son style que Chateaubriand doit son surnom. Comme il existe des artistes peintres, des artistes musiciens, il existe aussi des artistes poètes ou écrivains. En effet, on peut considérer Chateaubriand comme un artiste qui essaie de transcrire la beauté et la majesté de la nature ou bien d'analyser les sentiments humains. Pour cela, il se sert des armes d'un écrivain : son style et sa plume, comme un peintre se sert d'un pinceau et d'une palette, et comme un musicien utilise un instrument de musique.

 

Un tableau, une symphonie peuvent enchanter ; de même une belle page, un beau roman peuvent émouvoir et enchanter. En effet, ce que l'on admire le plus chez Chateaubriand, ce n'est pas l'originalité de ses sujets - qui tiennent tout de même une certaine place - mais surtout la description de paysages magnifiques, compositions d'art pleines de majesté et organisées comme de véritables tableaux ayant un pouvoir presque magique de suggestion.

 

Grâce à ce style, à ce don de suggestion qui émanent de ses oeuvres, il se sert harmonieusement du décor pour l'accorder avec art à la situation et aux sentiments des personnages : en effet, la nature ne tient pas seulement le rôle de décor mais elle sert de miroir à l'analyse psychologique des sentiments :

"Un jour, je m'étais amusé à effeuiller une branche de saule sur un ruisseau, et à attacher une idée à chaque feuille que le courant entrainait...  Et encore est-il vrai que bien des hommes attachent leur destinée à des choses d'aussi peu de valeur que mes feuilles de saule ?"

"Les sons que rendent les passions dans le vide d'un coeur solitaire ressemblent au murmure que les vents et les eaux font entendre dans le silence d'un désert".

"Qu'il fallait peu de choses à ma rêverie ! Une feuille séchée que le vent chassait devant moi, une cabane dont la fumée s'élevait dans la cime dépouillée des arbres..., souvent j'ai suivi des yeux les oiseaux de passage qui volaient au-dessus de ma tête. Je me figurais les bords ignorés, les climats lointains où ils se rendent."

"... Levez-vous vite, orages désirés qui devez emporter René dans les espaces d'une autre vie !"... "Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enfammé, le vent sifflant dans ma chevelure, ne sentant ni pluie ni frimas, enchanté, tourmenté et comme possédé par le démon de mon coeur..."

 

La nature lui sert de source intarissable de comparaisons, de symboles. C'est surtout le roman Atala qui produisit un "effet d'enchantement" car ce fut une nouveauté : ses oeuvres étaient une "sorte de production d'un genre inconnu" qui marquait "l'aube de la littérature romantique". L'exotisme américain qui se dégage d'Atala était un genre tout à fait nouveau bien que d'autres aient publié leurs impressions d'Amérique. De ce roman, on devine l'âme de Chateaubriand lui-même avec les mêmes sentiments : solitude, mélancolie... la peinture de paysages extraordinaires, l'amour de deux êtres à demi-sauvages, et en pleine nature. C'est pourquoi les contemporains de Chateaubriand le surnommèrent "L'enchanteur", et ceci à juste raison.


 

Qu'en est-il aujourd'hui ? Chateaubriand est lu, surtout Les Mémoires d'outre-tombe, car en se racontant lui-même, Chateaubriand raconte son siècle tout entier ; cette autobiographie devient une oeuvre d'histoire dont on retrouve certains passages comme documentation dans les livres d'Histoire : la prise de la Bastille, l'entrée à Moscou, la retraite de Russie, et tant d'autres.

 

On ne recherche pas le côté enchanteur de son oeuvre, tout du moins je ne crois pas. Certes on admire son style ; on peut justifier le surnom d' "enchanteur", mais quoique l'on dise, je ne pense pas qu'Atala  produise encore "un effet d'enchantement". On est sensible à son charme mais pas enchanté. On admire l'aisance de son style qui fait de ses oeuvres de véritables poèmes en prose - il définissait lui-même son oeuvre comme "une sorte de poème moitié descriptif, moitié dramatique". On envie le don de suggestion, l'harmonie de ses phrases, la magie de ses mots ; on envie son imagination débordante, mais on n'est pas enchanté. Pourquoi ? À notre époque, cet exotisme américain n'est plus une nouveauté ; on préfère peut-être à Chateaubriand d'autres poètes ; ou bien le mal du siècle de Chateaubriand ne nous atteignant pas, nous nous enthousiasmons moins à ses oeuvres, donc il n'y a pas "d'effet  d'enchantement".

 

Chateaubriand apparaît-il encore un "enchanteur" à notre époque ? La réponse est tout à fait personnelle : on peut se sentir enchanté à la lecture d'un roman de Chateaubriand ou on peut être sensible - ce que mérite Chateaubriand -, on peut aussi détester Chateaubriand , lui trouver tous les défauts ; moi j'aime Chateaubriand dans la juste mesure : je suis sensible à certains passages mais je ne suis pas enchantée par son oeuvre.

 

 

À notre époque, nous louons dans Chateaubriand, moins le rêveur que le peintre, moins le sentiment et la fantaisie que la couleur. Sa gloire c'est d'avoir compris, aimé, reproduit les magnificences de la nature et la poésie de la lumière et de la matière. Chateaubriand est un peintre ayant utilisé la plume et son style au lieu du pinceau et de la palette.

 

 

 

Appréciation de ma prof. de français : "Idées et exemples présentés avec ordre et netteté" et la mention A.B. (assez bien). J'ai dû écrire déjà qu'elle mettait rarement des mentions.

Alors, vous ai-je donné envie de lire - ou relire - les oeuvres de Chateaubriand ? Que c'est loin tout cela pour moi aujourd'hui ! Je leur préfère les thrillers psychologiques, les romans de société dans lesquels se mêlent intrigues et psychologie, actions et sentiments !

Bonne lecture.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 16:14

Comme remède aux grands troubles de l'âme, Montesquieu recommandait la lecture. Lamartine au contraire disait : "Mais la nature est là, qui t'invite et qui t'aime." Quel est celui de ces remèdes que vous choisiriez et pourquoi ? (Sujet de dissertation de français pour le 6 mars 1967, en première)

 

Montesquieu pense que la lecture est un excellent remède aux troubles de l'âme tandis que Lamartine dit :"Mais la nature est là, qui t'invite et qui t'aime." Quel est le meilleur remède ? La nature ou la lecture ?

 

Est-ce que la lecture peut être un remède aux troubles de l'âme ? En ce qui me concerne, tout dépend du livre. D'abord quels seraient ces troubles qui agiteraient notre âme : l'amour, la haine, la mélancolie, le désespoir ? Que sais-je ? D'après mon trouble, je choisirais plus particulièrement tel ou tel livre : le choix de la lecture révèle la personnalité du lecteur. Si je suis amoureuse et que cet amour ne semble pas partagé, j'aurais tendance à lire des romans où tout finit bien, c'est-à-dire par le mariage des amoureux. Si je me sens désespérée, je lirais un livre dans lequel le héros n'a pas de chance et rencontre tous les malheurs possibles. Le sentiment commun de désespoir me lierait à ce personnage, car en lisant toutes les tentatives de se réhausser, de vaincre son désespoir, j'essaierais d'imiter le héros du roman, je tenterais de ne plus être accablée et de m'en sortir.

 

La lecture peut nous révéler les aspects de nous-même. En quoi ? On peut y découvrir ses connaissances, ses sentiments : on peut se voir différent de ce que l'on est réellement ou plutôt de ce que l'on pense être. On peut éprouver de la pitié ou de l'admiration - sentiments presque inconnus auparavant ; on peut découvrir à quel degré on est sensible ou insensible à cause du trouble de son âme. La lecture nous permet aussi de nous identifier au héros comme par exemple l'amoureux incompris qui lit des romans où tout se termine bien : il se met à la place de l'un des personnages et il oublie pour quelque temps son propre chagrin puisqu'il peut se croire aimé de retour ; ou alors, à la suite de sa lecture, il rêve et se voit en personne comblée. Comment le lecteur, dont l'âme est sujette à des troubles, se sent-il s'identifier au héros ? En lisant, il pénètre dans l'atmosphère du livre et arrive à perdre conscience de ce qui l'entoure et de ce qu'il pense ou ressent vraiment, donc il oublie momentanément son trouble, quel que soit le type de lecture : romans, poésie et même pièces de théâtre.

 

La lecture peut donc être parfois un remède à une passion, à un sentiment quelconque qui bouleversent l'âme. L'est-elle toujours ? Pour ma part, elle peut raviver un chagrin ou même l'aggraver en me faisant pleurer, tout dépend de mon état d'esprit du moment. De même, le degré de passion ou de sentiment qui agite l'âme d'un lecteur peut être à un tel point élevé que ce dernier ne s'intéressera plus à rien, comme par exemple il lira quelques lignes et refermera aussitôt le livre (réaction identique devant n'importe quelle autre occupation d'ailleurs). Si malgré tout, le lecteur parvient à poursuivre sa lecture qui l'intéresse, il pourra en dire avec amertume et même dédain que "c'est du roman", que c'est impossible ou que cela ne le lui arrivera jamais. Dans ce cas, la lecture ne peut pas jouer le rôle de remède, elle peut le rendre incrédule, et même accentuer ou déformer son trouble par un sentiment de jalousie car il ira jusqu'à envier le bonheur du héros de son livre.

 

Alors la nature, quel rôle pourrait-elle jouer devant les troubles de l'âme ? Elle pourrait peut-être apporter calme et apaisement par les promenades, le grand air, le soleil, la végétation. Selon les personnes, la nature pourrait être un remède.

 

Pour ma part, quand je ressens par exemple un sentiment de colère (quelle qu'en soit la raison), je sors faire une promenade rapide et même une petite course. Avec l'effort physique et l'essoufflement dans un cadre neutre comme la nature, je parviens bien souvent à me calmer, au moins partiellement. La détente ainsi procurée libère aussi des larmes qui complètent le retour au calme et me fait apprécier mon environnement et même parfois l'inutilité de ma colère. De même, lorsque je me sens triste, j'aime écouter le chant des oiseaux, admirer et sentir les fleurs, regarder l'eau scintiller sous les rayons du soleil, entendre le murmure du feuillage dans les arbres. Je me sens consolée. Oui, comme le dit Lamartine 'la nature est là qui m'invite et qui m'aime'. Mais tout le monde ne peut pas profiter de la nature, en cas d'immobilisation par exemple. Si je suis malade et cloîtrée, si je n'ai pas de livres à lire, que me restera-t-il comme remède aux troubles de l'âme ? Le rêve éveillé, qui, même s'il n'autorise pas de rencontres avec des personnages livresques ou avec la nature, me tiendra lieu de remède en me permettant de me projeter dans l'avenir, de trouver des solutions, de m'imaginer ou de voir les autres autrement.

 

Pour ma part, selon la personnalité et la nature des troubles de l'âme, je trouve trois remèdes aux troubles de l'âme : la lecture, la nature et le rêve. Je n'ai aucune véritable préférence car j'utilise les trois selon "mon trouble".

 

 

Lorsque j'ai relu ce devoir, j'ai souri sur son contenu. Quels troubles majeurs agitent les adolescents, sinon les premiers émois amoureux, le mal être indéfinissable et difficile à exprimer à cet âge-là.

 

Ma note a été honorable, sans plus, avec comme appréciation du prof : "Inégal. Des remarques intéressantes parfois. Mais vous tendez trop à parler pour n'importe qui et pas assez pour votre propre compte"... Effectivement, la question dans le sujet du devoir était : "Quel est celui de ces remèdes que VOUS CHOISIRIEZ et pourquoi ?"

 

Bonne lecture. C'est le cas de le dire (rires !)

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 


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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 13:24

Rousseau, dans les Rêveries, est tout en contradictions. Il revendique la solitude physique et elle finit par devenir, pour cet être aimant et souffrant, une cruelle solitude morale. En fait Rousseau n'a jamais connu cette sérénité qu'il exprime dans certaines promenades des Rêveries. Ce sont plutôt le témoignage de l'échec humain d'un solitaire qui ne peut se passer de ses semblables et de leur affection et qui ne peut pas non plus abandonner ce besoin d'écrire qu'il feint de mépriser.

 

 

La première promenade montre un Rousseau résigné, qui n'attend plus rien de la vie, et s'il écrit, c'est pour lui-même et non pour les autres qui ne l'ont pas compris : "Dès lors je me suis résigné sans réserve et j'ai retrouvé la paix."  Il adopte une politique d'abstention : "tout ce qui m'est extérieur m'est étranger désormais"  et il écrit aussi que "s'abstenir est son unique devoir."  Dans la seconde promenade, une tristesse le pénètre. C'est le thème de l'automne renouvelé, transformé, qui symbolise le moment de transition entre la jeunesse et la vieillesse. Une impression de solitude domine. Le thème de la mélancolie y est aussi traité, le souvenir est une consolation et il se met à la recherche du temps perdu. Rousseau trouve aussi une consolation dans la littérature. Il se plonge dans la lecture dans la troisième promenade. Il embrasse rétrospectivement l'histoire de sa démarche philosophique : "je deviens vieux en apprenant toujours" (Solon). Ici, Rousseau nous apparaît ferme, d'une apparente sérénité ou résignation. Il se croit même à l'abri. Cet état d'esprit se poursuit dans la cinquième promenade ; c'est une période stable pour l'esprit de Rousseau. Et c'est l'apparente vie heureuse de l'Île de Saint-Pierre où il a confiance de pouvoir se suffire à lui-même. C'est une réaction logique de Rousseau devant une humanité qui se refuse à lui. La cinquième promenade marque le point d'aboutissement extrême de l'existentialisme de Rousseau. Il aspire à "jouir de son être". Et dans la mesure où il se rapproche des Mystiques, il se fait son système de valeurs qu'il oppose à celui du monde : à lui l'absolu et le permanent, aux autres le relatif et l'éphémère ! Ainsi Rousseau mêle les principes socratiques à "l'ataraxie" stoïcienne. Dans la huitième promenade, Rousseau se persuade que, même durant ses moments de prospérité où il était aimé des hommes, il n'était pas heureux. C'est une période calme où il affirme qu'il se trouve heureux seul et ne voudrait pas changer de place avec un homme comblé ! Réduit à vivre seul, il veut se suffire à lui-même. Dans la dixième promenade, Rousseau se plonge dans le souvenir de Madame de Warens.

 

Ces promenades montrent un Rousseau qui semble résigné, heureux, serein, aimant la nature et la vie, et "jouissant de son être". Mais ce n'est qu'une image idéale qu'il modèle lui-même. En fait, dans les quatrième, sixième, septième et neuvième promenades, Rousseau nous apparaît tout autre, en plein désarroi, et c'est ce qu'il est effectivement.

 

 

Dans la quatrième promenade, Rousseau médite sur le mensonge ; il démontre qu'il n'a jamais menti. Cette promenade, tout en revirements, trahit un profond désarroi, et Rousseau se demande s'il est aussi facile de se connaître soi-même qu'il l'a cru dans le passé. L'Idéal de Rousseau dans les Rêveries est une sorte de stoïcisme chrétien plutôt qu'un mysticisme. On remarque dans la sixième promenade que l'humanisme de Rousseau est plus rêvé que vécu : il est idéaliste ! Il se plaint amèrement de ce que les hommes aient changé à son égard. Pourquoi se plaint-il puisqu'il dit préférer la solitude ? Finalement, il en vient à se demander si ce n'est pas lui qui a changé : il présente cette question comme une absurdité. Ne serait-ce pas de l'angoisse ? Car le sentiment de l'absurde touche souvent de très près l'angoisse. Rousseau est inquiet, et à force de penser à cet éventuel changement, il perd sa sérénité retrouvée à la cinquième promenade. Il se propose d'être "nul". Dans la septième promenade, il n'a pas cessé de penser aux hommes, à leurs jugements contre lui, et il en arrive à écrire : "c'est me venger de mes persécuteurs à ma manière, je ne saurais les punir plus cruellement que d'être heureux malgré eux". Cette phrase-même trahit qu'il n'est pas heureux, mais qu'il veut montrer aux autres et à lui-même qu'il l'est. Et pour échapper à ces idées démoralisantes, il s'échappe dans le monde de la botanique. Le promeneur solitaire croit avoir renoncé à trouver le bonheur sur cette terre, il se croit résigné à n'avoir plus de rapports avec la société, avec ses semblables, mais la neuvième promenade prouve assez qu'il cherche à se tromper, et, en fait, s'y exprime la frustration des sentiments sociables de Jean-Jacques Rousseau. Au lieu d'être heureux, d'avoir trouvé la paix comme il le prétendait, il se sent frustré. Cette promenade montre le plus les contradictions de Rousseau.

 

 

Pourquoi Rousseau cherche-t-il à admettre et à faire admettre qu'il est heureux dans sa solitude ? Si ce n'est à cause de l'orgueil qui l'anime depuis toujours : le Rousseau hanté par la crainte que l'on puisse le confondre avec les autres hommes, Rousseau plus contradictoire que jamais ! Les Rêveries révèlent un autre homme dans certaines promenades, mais dans les autres il est moins changé dans ses inquiétudes et dans ses vains espoirs qu'il prétend le croire. Rousseau est emprisonné, étouffé par une solitude à la fois voulue et haïe, et par autosuggestion, il essaie de se persuader qu'il a retrouvé la paix, et que le silence hostile des hommes ne peut plus l'atteindre et le faire souffrir.

 

 

J'ai rédigé cette dissertation de lettres à 17 ans 1/2 en classe de terminale. Je n'étais pas toujours régulière en cours de français, car je réagissais beaucoup en fonction de mes "goûts" donc de mes préférences ! J'ai obtenu une bonne note à ce devoir avec la mention A.B. (assez bien). Mon prof. mettait très peu d'appréciations de ce type à l'ensemble de la classe, autant vous dire que lorsque nous obtenions un A.B., nous étions aux anges. Je n'ai jamais eu de B. (bien). Ci-après son appréciation écrite : "Construction du devoir sur une opposition fort acceptable. Des réflexions parfois subtiles".

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 21:50

Jean-Jacques Rousseau s'en prend longuement au Misanthrope, plus par raisons personnelles - ses brouilles avec ses deux plus chers amis Grimm et Diderot -, que par raison littéraire, bien qu'il écrive que c'est le chef d'oeuvre de Molière.


 

Il s'identifie à Alceste et lui prête ses propres ressentiments. Il écrit dans la lettre à d'Alembert que "Alceste est un homme droit, sincère, estimable, un véritable homme de bien qui déteste les moeurs de son siècle et la méchanceté de ses contemporains."


 

Alceste est-il vraiment cet homme-là ? Comme il déteste les maux et les vices de ses semblables, il reproche son manque de franchise à Philinte : Alceste est forcément droit. Il se dit également homme d'honneur et de vertu : aux vers 35 et 36, il dit "Je veux qu'en homme d'honneur, on ne lâche aucun mot qui ne parte du coeur."  Il a également un coeur sincère : par exemple, son amour pour Célimène est sincère même s'il déplore sa coquetterie, et comme il est juste, il veut demander des explications à Célimène au sujet de ce défaut. Alceste est également franc lorsqu'il donne son opinion sur le sonnet d'Oronte. Il est d'une sincérité implacable : "Je veux qu'on soit sincère." (Vers 35). Il est donc estimable par sa franchise, sa loyauté. D'ailleurs n'aime-t-on pas "que" les gens francs et loyaux au lieu des hypocrites et des menteurs ? Alceste est aussi un véritable homme de bien car il voudrait que tous soient honnêtes et sincères. Il n'aime que ce qui est juste et bon sur la Terre. Il déteste les moeurs de son siècle où la noblesse se faisait poète-amateur et écrivait des sonnets précieux, légers, frivoles qui ne plaisaient pas du tout aux gentilhommes comme Alceste, qui en dit d'ailleurs : "Ce n'est que jeux de mots, qu'affectation pure, Et ce n'est point ainsi que parle la nature. Le méchant goût du siècle, en celà, me fait peur."


 

En écrivant qu'il déteste la méchanceté de ses semblables, Rousseau vise surtout ses anciens amis Grimm et Diderot avec qui il se brouille définitivement en 1757.


 

L'auteur lui donne un personnage ridicule, dit encore Rousseau : le misanthrope de Molière joue un rôle ridicule. En effet, Alceste nous apparaît ridicule dans son exagération. Il est trop catégorique, d'une sincérité trop inflexible. Il n'aime pas les moeurs de son siècle, et pourtant tout citoyen doit s'habituer et s'imposer dans n'importe quelle société malgré ses défauts. Alceste, lui, montre bien qu'il est l'ennemi des ménagements qu'impose la vie de société de son époque : il est contre tout et tous. Les gens pensent que Molière joue la haine des hommes à travers Alceste. Rousseau croit le contraire : le misanthrope n'est pas l'ennemi du genre humain. En s'identifiant à Alceste, Jean-Jacques Rousseau se vise lui-même. En effet comme il veut se retirer dans sa solitude, il veut se persuader qu'il ne hait point les hommes mais qu'il déteste leurs défauts qui les conduisent aux vices. Pourtant lorsque Philinte dit à Alceste "Vous voulez un grand mal à la nature humaine", Alceste répond "Oui, j'ai conçu pour elle une effroyable haine" (Vers 113 et 114), et il ajoute au vers 118 "je hais tous les hommes."


 

Néanmoins, Rousseau ne démord pas de son opinion ; il croit qu'Alceste dit cela sous le coup de l'emportement, qu'il ne le pense pas vraiment et que, dans son for intérieur, il n'éprouve pas une telle aversion envers les hommes : "Il est naturel que cette colère dégénère en emportement et lui fasse dire alors plus qu'il ne pense de sang-froid."  Rousseau ajoute également "qu'un vrai misanthrope est un monstre" qui ferait "horreur", s'il existait. Pour lui, Alceste ne fait absolument pas horreur puisque l'on rit, but que s'est fixé Molière en le faisant jouer un rôle ridicule.



Rousseau dit encore que "s'il n'y avait ni fripons ni flatteurs, il aimerait tout le genre humain". Il est vrai que, misanthrope ou non, on peut éprouver de l'aversion pour certaines personnes antipathiques, et tout gentilhomme sincère, loyal et ayant le sens de l'honneur est misanthrope en son for intérieur lorsqu'il se trouve devant des fripons et des flatteurs. On n'a rien à craindre d'un misanthrope qui est l'ennemi des défauts de la société, tandis que l'on peut s'attendre à tout de "l'ami du genre humain", qui, sous un masque de bonté et de sincérité, cache l'hypocrisie et la méchanceté. En effet, l'ami du genre humain n'ose pas dire sa véritable pensée, il a peur de communiquer ses quatre vérités à quelqu'un, il flatte ses défauts ou ses actions (bonnes ou mauvaises) pour ne pas le perdre. D'ailleurs cet homme-là est souvent l'ami de celui qui l'intéresse à tout point de vue.


 

Rousseau, en prenant prétexte d'analyser le caractère d'Alceste par rapport à la pièce de Molière, cherche à expliquer sa conduite et sa raison de vouloir se retirer dans sa solitude. En s'identifiant à Alceste, il juge à la fois la conduite d'Alceste et la sienne.


 

Commentaire : cette dissertation de français a été rédigée pour le lundi 30 janvier 1967, alors que j'étais âgée de seize ans et demi. Il y a des lourdeurs dans le style, mais ne dit-on pas que l'on s'améliore avec l'âge ? J'ai obtenu une note très honorable avec comme appréciation : "Un développement bien appuyé d'exemples et nettement construit. Des lacunes toutefois : le ridicule d'Alceste n'est pas assez montré et discuté. Molière a-t-il joué la vertu ?"

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 10:37

Le titre vous interpelle ?

 

"Fast", mot anglais signifiant "rapide", "slow" signifiant "lent" et "food" nourriture.


Avec les "restaurants" McDonald's, Quick, Flunch et autres cafétérias, le repas doit être consommé rapidement. Bien souvent, la pause méridienne des travailleurs ne permet pas de rentrer chez soi pour se restaurer. Quand le repas est pris à l'extérieur, l'heure de reprise ne permet pas non plus de s'attarder, ils sont donc bien pratiques. Même des enseignes de magasins ont leur restauration rapide comme Géant Casino et IKEA.

 

Un mouvement nommé "Slow Food" - expression qui renvoie à la version "fast food" - a pris naissance dans le Piémont, région du Nord de l'Italie, synonyme de gastronomie et de bons vins. L'association a son siège à BRA et emploie une centaine de personnes pour coordonner le réseau international. Ce mouvement lancé officiellement en 1989 compte environ 85000 membres dans une centaine de pays. L'origine de ce mouvement est relatée ci-après :

 

Quand la chaîne McDonald's décide d'installer en 1986 un établissement de restauration rapide sur la splendide Piazza di Spagna dans la Rome antique, le chroniqueur gastronomique Carlo Petrini s'insurge contre cette attaque de la "malbouffe" en terre d'Italie et décide avec des amis de jeter les bases du mouvement "Slow Food". Ils parviennent, avec humour et intelligence, à convaincre nombre d'artistes, de gastronomes, d'oenologues et d'intellectuels italiens de se joindre à leur projet. C'est ainsi que Slow Food devient en 1989 une organisation internationale à but non lucratif.

 

L'Italie est le berceau de la grande cuisine européenne ; même la France dont la renommée dans le domaine de la gastronomie n'est plus à démontrer, lui est redevable de ses lettres de noblesse.

 

Slow Food prône un retour aux produits du terroir. Sa maxime est "Le bon, le sain, le juste",  pour : le plaisir, la santé et la responsabilité citoyenne. Ce mouvement a pour objectif :

- d'éveiller le goût à une nourriture de qualité et à de nouvelles saveurs,

- d'expliquer d'où viennent les aliments et comment ils sont produits,

- d'inviter le consommateur à choisir en fonction de l'impact sur l'environnement, l'emploi et la biodiversité.

 

"La vie est trop courte pour mal manger et mal boire" : les turinois défilent devant ce slogan et règlent leurs achats effectués chez Eataly, un supermarché pour gourmets aménagé dans une ancienne fabrique de vin, qui diffuse les produits estampillés Slow Food. Ce supermarché a ouvert en 2005 face aux anciennes usines Fiat, transformées en galerie marchande par l'architecte Renzo Piano.  

 

Le chroniqueur affirme que "Les bistrots ont été la clé de tout. Les soutenir, avec l'aide financière de la région du Piémont, alors qu'ils étaient en train de fermer, a permis aux traditions de durer et à la production locale de revivre. Au début des années 1980, faute de débouchés, les petits producteurs mettaient les uns après les autres la clé sous la porte. Plus assez rentables, ils étaient délaissés par les grandes surfaces. Les habitants des campagnes ne voulaient plus travailler la terre et partaient pour la ville. Les collines étaient abandonnées. Cette région, agricole à l'origine, risquait de perdre sa culture alimentaire."

 

En France, le Slow Food regroupe à peine 2000 personnes - producteurs, restaurateurs et simples citoyens - vivant essentiellement dans le Sud. "Il y a un vrai problème avec la France : le Slow Food se heurte à un certain complexe de supériorité de certains français qui estiment que l'Italie, avec ses pizzas, n'est pas un pays très sérieux en terme de gastronomie." 

 

Quant à vous, même si de temps en temps vous fréquentez les "fast food" - surtout avec les enfants -, avouez qu'être servi dans un restaurant gastronomique n'est pas pour vous déplaire ! Certes, le tarif n'est pas le même, mais pour des occasions inoubliables, cela vaut la peine de s'y rendre. Et puis, bien acheter les produits du terroir permet aussi de confectionner ses propres menus à la maison, au moins le weekend puisque pendant la semaine, c'est cantine et cafétérias. Allez ! Bon appétit quand même... !

 

Article de Lucile Gauchers, d'après les informations recueillies de Pierre BOERO, dans "El giornaleto dei vicentini", association du Circolo di Lyon (69).

 

 

 

 

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 10:37

"Tant que l'âme, le corps et l'esprit sont en harmonie, rien ne peut nous affecter" (Docteur Edward Bach).

 

 

"Rien ne peut nous affecter" : vision idéalisée, semble-t-il au premier abord ! Le Docteur Edward Bach - médecin bactériologiste et immunologiste britannique du début du XXe siècle était convaincu que la santé - puisque c'est d'elle qu'il s'agit -, n'est pas la simple absence de maladie, mais le véritable état d'équilibre physique, psychique et mental.

 

Pour lui, derrière toute maladie (?) se cachent souvent des problèmes émotionnels ou mentaux. Il les a répertoriés en sept grandes familles :

 

1. - Peur et insécurité

2. - Doutes et incertitudes

3. - Manque d'intérêt pour le présent

4. - Solitude

5. - Hypersensibilité

6. - Découragement et désespoir

7. - Préoccupation excessive d'autrui

 

Un exemple : une étude américaine avait mis en évidence la fréquence du cancer du sein chez les femmes divorcées, maladie beaucoup moins déclarée chez les autres femmes. Quand on sait que le divorce - surtout subi -, engendre la peur et les incertitudes de l'avenir, la solitude jusqu'au découragement et le désespoir, pour peu que ces femmes soient hypersensiblisées, elles sont effectivement les victimes idéales pour tomber malades. Les hommes non plus ne sont pas à l'abri, car le taux de suicide est important chez eux dès lors qu'ils rencontrent des problèmes qui leur paraissent insurmontables. 

 

Le Docteur Bach est à l'origine de 38 élixirs floraux, les plantes sauvages et naturelles recelant des vertus médicinales connues depuis la nuit des temps.

 

Exemple de la Fleur de Bach n° 1 : L'aigremoine - agrimonia eupatoria -, dans la famille des rosacées, dénommée aussi : Eupatoire des anciens ou Herbe de St Guillaume, petites fleurs jaunes s'épanouissant sur de longues tiges, utilisées également en phytothérapie comme astringent doux.

 

Cet élixir soigne les états émotionnels tels que hypersensibilité et influence externe. Souvent, chez ces malades, les souffrances sont cachées derrière un masque jovial : "Derrière cette joie de surface se cache une profonde tristesse. Si je m'autorise à l'accepter, j'accède à des sentiments réels et je gagne en profondeur. Je n'ai plus besoin de faire le clown." Ce soin permettrait donc un changement positif en permettant de retrouver équilibre, calme, acceptation de soi et accès aux vrais sentiments.

 

Alors, continuons à découvrir les bienfaits des Fleurs de Bach toujours aussi prisées au XXIe siècle, si notre santé physique, psychique et mentale nous préoccupe. Ne dit-on pas qu'il vaut mieux prévenir que guérir ? Guérir, quand cela est possible.

 

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 09:24

Qu'est-ce qu'être humain ?

 

C'est une question qui revient souvent dans la bouche d'autrui, du style "Comme cette personne est humaine". Mais que revêt ce concept ?

 

Quelle est la différence entre un être humain et un animal bipède - l'homme primaire ?

 

Réponse : La conscience !

 

 

Qu'est-ce que la conscience ?

 

Quelques définitions (cf. Le dictionnaire PLUS "De l'idée aux mots") :

 

- conscience de la réalité extérieure : sentiment, notion, perception

- conscience aiguë : lucidité, acuité

- conscience immédiate : pressentiment, intuition, sensation

- ce qui émane de la conscience : image, pensée, idée

- conscience des sensations internes : cénesthésie

- conscience morale : probité, intégrité

- examen de conscience : introspection

- prendre conscience de quelque chose : réaliser, saisir, découvrir

- inférieur au seuil de la conscience : subliminal, subconscient

 

Notre niveau de conscience est en relation avec notre capacité à être en abstraction de nous-même en tant que "MOI" égoïste pour être ACTEUR du bien-être commun - celui de la famille, du village ou du quartier, de la région, du pays, du monde... tout groupement.

 

 

Sommes-nous des acteurs conscients dans notre environnement ?

 

Être conscient de notre environnement passe par être conscient de SOI en tant qu'être individualisé, et se sentir individu unique ET SEMBLABLE à nous tous.

L'empathie - faculté de se mettre à la place des autres -, est contraire à l'indifférence et permet de devenir un acteur conscient de notre environnement - dans quelque domaine que ce soit -, et dans toute société quelle qu'elle soit.

 

 DEVENIR CONSCIENT EST UN ACTE VOLONTAIRE.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 15:10

J'évoquerai plus particulièrement l'amour filial et l'amour parental, bien souvent mis à rude épreuve.

 

La révélation d'une vérité est souvent mal perçue quand elle n'est pas à "l'avantage" de ses proches et des êtres que l'on aime.

Par exemple, lorsque des parents apprennent que leur enfant souffre d'un handicap - physique ou mental -, la logique voudrait que l'enfant, plus vulnérable que les autres, reçoive davantage de soins, d'amour et d'affection de ses géniteurs. Dans la majorité des cas, il en est ainsi. Mais, il faut aussi tenir compte des dénis de certains pères ou mères : que cachent-ils ? Pourquoi ce refus d'admettre l'évidence, jusqu'à rejeter son propre enfant ?

Le déni, en quelque domaine que ce soit, traduit la PEUR de la réalité. Pourtant, combien de parents connaissent l'immense chagrin d'apprendre que leur enfant est un violeur, ou un pédophile, ou un assassin, ou un délinquant tout simplement ? Pourtant il aura d'abord été un bébé, peut-être un petit enfant sans problème. Que se sera-t-il passé dans sa vie, dans sa tête pour "qu'il tourne mal" ? Leur déception tue-t-elle leur affection pour leur enfant, même devenu adulte ?

Quand ce sont nos parents qui deviennent déficients, allons-nous moins les aimer pour autant ? En principe, l'affection pour eux et le besoin de les protéger sont accrus, car ils se retrouvent dans la même situation qu'un enfant. Mais la réponse dépend aussi de l'expérience - heureuse ou malheureuse -, vécue avec eux pendant notre enfance : si les sentiments d'amour sont au-dessus de nos forces, il serait indécent de faire semblant. En revanche, notre respect à leur égard s'impose et notre attention doit leur être acquise comme nous le ferions pour autrui, par altruisme, civilité et courtoisie.

Que se passe-t-il dans l'esprit des parents quand ils maltraitent leurs enfants, voire d'autres personnes ? Renouvellent-ils leur propre schéma, ce qu'ils ont eux-mêmes connu ? Devons-nous les aimer moins ou les détester ? Devons-nous les laisser faire et les absoudre ? Devons-nous, pour notre toute relative tranquillité, nier l'évidence ? Est-ce que constater et reconnaître des faits, des comportements et des injustices font de nous des juges et des bourreaux ? Non ! Admettre nous permet simplement de mesurer à quel point nous sommes capables d'affronter les réalités et de remédier à des situations détestables. Affronter et remédier impliquent de la clairvoyance, de l'objectivité, le sens de l'équité, et surtout du COURAGE !

Règle d'or : "Faire à autrui ce que l'on voudrait de bon pour soi" ! Aimeriez-vous être maltraité ? Lisez ou relisez Jane Eyre (Charlotte Brontë), notamment son enfance chez sa tante Mme Reed, après le décès de son oncle biologique, et ses débuts à l'orphelinat. Vous allez vous indigner des comportements honteux de cette adulte bigote, et de ses enfants envers une cousine orpheline, ainsi que de l'hypocrisie de cet "ecclésiastique" qui se proclame "bienfaiteur" de l'orphelinat !

L'empathie est la faculté de se mettre à la place des autres et de ressentir leurs émotions - positives ou négatives - et leurs besoins, et de se poser la question "Comment réagirais-je ou que ferais-je dans la même situation ?". Avez-vous connu la mode des broches portant des inscriptions du style "NE TOUCHE PAS À MA SOEUR...À MA FILLE...". Elles étaient très révélatrices du désir légitime de PROTEGER des êtres chers plus faibles que soi ou dont on a la responsabilité. Aujourd'hui, on nous sert des publicités du style : "Ne touche pas à mon Yop", alors qu'il serait si simple de nous montrer qu'il est partagé avec joie tout en vantant ses bienfaits  ! Mais cet état d'esprit va du simple flacon de yaourt aux objets les plus sophistiqués, car le matérialisme l'emporte sur le don de soi et le respect de l'autre.

 

Il existe encore de la solidarité dans ce monde, et comme l'exprimait Patrul Rinpoché (1808/1887) : "... Comme nous ne sommes pas sûrs de nous tenir compagnie longtemps*, pensons qu'en cet instant si bref*, c'est avec AMOUR qu'il nous faut vivre ensemble et prendre soins les uns des autres."

 

* par rapport à l'éternité

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 11:02

Le parcours du "combattant" !

 

 

Si vous n'y connaissez rien, vous vous engagez dans une véritable bataille, pour ne pas dire guerre !

 

J'en ai fait l'expérience récemment. Je tairai le nom du constructeur pour ne pas être accusée "de porter atteinte à sa notoriété".

 

Cependant, les faits que je vais exposer ci-après sont édifiants :

 

- Plans dessinés en mars (année n-1) d'après un modèle personnalisé ayant fait l'objet d'un croquis établi par mes soins MAIS visite du terrain d'après des photographies que j'ai prises,  sans aucun déplacement préalable in situ. Conséquences : maison située en contre-bas, mais un peu trop près du talus bordant la route.

 

- Conducteur de travaux qui devait se partager entre vingt-cinq maisons en construction disséminées sur plusieurs départements. Le mien était le plus éloigné. Conséquences : en travaillant cinq jours par semaine - en tenant compte des déplacements -, il ne pouvait se rendre sur certains chantiers qu'une fois par mois, et encore... Des artisans que j'ai rencontrés m'ont dit ne l'avoir jamais vu. Je les crois, car aucune réunion de chantier n'était programmée. Il venait selon "ses disponibilités" (sic !).

 

- Permis de construire obtenu début septembre (année n-1). En novembre, on me fait choisir les carrelages (du sol et des murs des sanitaires) ! Je m'en étonne, les travaux ne pouvant plus démarrer à cause de l'hiver et du terrain gelé etc... Commencement des travaux de fondations mi-mars de l'année suivante (soit plus d'un an après la signature du contrat de construction) avec la promesse - certes verbale que je peux qualifier maintenant de fallacieuse -, d'être livrée au cours du mois de novembre de la même année. Je calcule : huit mois, juste avant l'hiver : ça me va !

 

- Début prometteur puis... : le 25 juillet, fin de la prestation des plaquistes qui a été très bonne. Lorsque je lui demande quand il revient pour les peintures, il me répond que ce n'est pas lui qui a le marché. En fait, ces travaux n'était pas inclus dans mon contrat (je ne l'ai su que BIEN plus tard). Début septembre, personne ne se manifeste. Après SIX semaines d'interruption - je ne "savais" pas que les congés d'été, hors Education Nationale, duraient aussi longtemps ! - je me décide à téléphoner au constructeur qui m'apprend, ô miracle, que les travaux "vont" reprendre.

 

- Poursuite des travaux : électricité dont le câblage passe dans le sol avant l'intervention des carreleurs, pose des interrupteurs, des prises murales, etc.... et derniers travaux de plomberie (commencés courant juillet). Un bel automne s'annonce avec un temps magnifique au mois d'octobre, mais une seule journée de travail avec la pose de la zinguerie pour la collecte des eaux de pluie. J'appelle sans cesse le conducteur de travaux (messagerie saturée ! - j'ai su plus tard que tous les clients l'appelaient pour les mêmes raisons que moi). En désespoir de cause, j'appelle le constructeur en tombant sur la secrétaire "qui transmettra les messages", mais rien ne bouge.

 

- Les carreleurs (qui auraient dû avoir terminé leur prestation en octobre si elle avait commencé comme soit-disant prévu), n'interviennent que courant Novembre. Je profite de leur présence pour faire venir les peintres (facture à ma charge), pour les plafonds et la première couche sur les placoplâtres - ce sont eux qui m'ont dit que le travail des plaquistes était bien fait. Je n'apprends qu'au moment de la livraison que je n'avais pas le droit de faire intervenir un artisan personnel !

 

- Aucun accompagnement pendant toute la durée de la construction. Le pire est décrit ci-après :

1) Les peintres s'étonnent de l'absence d'électricité : je leur réponds ce que le fournisseur d'énergie m'avait dit, société avec qui j'avais signé un précontrat par l'intermédiaire du constructeur (les deux étant "partenaires"), à savoir que la pose des compteurs (pour les deux appartements) et la mise en route de l'électricité ne pouvaient avoir lieu qu'après l'obtention du document de conformité que je réclame donc à cor et à cri au constructeur. Je rappelle plusieurs fois le fournisseur d'énergie, mais c'est seulement la quatrième personne qui me pose LA QUESTION le 19 décembre - oui, oui, vous avez bien lu -, du raccordement avec ERDF. C'est quoi ça ?  Nous sommes à quelques jours des vacances scolaires d'hiver et des Fêtes de fin d'année, et je passe les journées suivantes avec ERDF qui établit un devis. Ô surprise : comme il y a deux logements dans la maison (un au RDC, l'autre à l'étage), le coût du premier raccordement est abordable, mais le second, même en partant des mêmes fourreaux, de la même logette etc... est considéré comme une nouvelle viabilisation. Je refuse cette solution trop onéreuse (j'avais vidé mon compte bancaire pour payer les peintres) et accepte la pose d'un seul compteur, mais en triphasé. 

 

2) Le façadier qui devait venir courant novembre, s'amène mi-décembre. Les échafaudages sont installés le lundi, mais la pose ne commence que le jeudi après-midi pour se terminer le samedi matin SOUS LA NEIGE !!! La livraison, pogrammée pour le 22 décembre, a lieu à 18 h 30, dans le noir, avec pour seul éclairage une lampe frontale. J'avais déjà versé des arrhes pour le déménagement. Or, la Société ayant été prévenue trop tard de ma demande de report à une date ultérieure, je les perdais. Donc j'ai accepté la livraison, en émettant - fort heureusement - toutes les réserves d'usage et en signalant les conditions de livraison (heure tardive, pas de lumière etc...).

 

3) Le terrassier, qui avait effectué les tranchées et l'installation des fourreaux, de la logette jusqu'à la maison, revient après la livraison, pour terminer ses liaisons, et, ô stupeur, rien, absolument rien ne sort de la maison. Il repart impuissant. Je téléphone en catastrophe au contructeur. Les propos sont houleux, vous vous en doutez, je menace de porter plainte en employant tous les termes juridiques que je connais pour l'impressionner. Finalement, courant janvier (année n+1), les carreleurs reviennent pour casser deux carreaux et mettre à jour les fourreaux (pour l'électricité et le téléphone). Explication : d'après eux, les maçons n'avaient pas dû les faire ressortir suffisamment. Du coup les plaquistes, ne les ayant soit-disant pas vus, les auraient obturés sans se rendre compte. Mais les électriciens dans tout cela : à aucun moment, ils ne se sont étonnés de cette anomalie ? Et le conducteur de travaux ? Ah, le conducteur de travaux, surchargé, submergé d'appels téléphoniques, passant son temps sur les routes à aller d'une maison à une autre dans plusieurs départements. Il n'avait rien remarqué non plus. Alors, moi, complètement ignorante en la matière... !

 

4) ERDF mandate une entreprise pour la pose au rez-de-chaussée d'un unique compteur en triphasé qui alimentera les deux logements. Les électriciens reviennent et travaillent toute une journée sur les deux tableaux électriques pour les mettre aux normes du triphasé. Nous avons enfin l'électricité, donc le chauffage le 26 janvier. Pendant tout un mois, on laisse sécher et se réchauffer la maison (entre-temps le déménagement, plus exactement le dépôt du mobilier et des cartons avait eu lieu). L'aménagement et l'installation du rez-de-chaussée s'effectue dans le courant du mois et le logement peut enfin être habité dès la dernière semaine du mois de Février ! L'étage s'est aménagé progressivement pour être définitivement habité deux mois plus tard.

 

 

Alors, toujours envie de faire construire ? Si oui, et si vous le pouvez financièrement, choisissez "DU CLEF EN MAIN".  

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