Je vous offre en avant-première LE PROLOGUE. Pour connaître l'épilogue, il vous faudra attendre la parution du roman : une autobiographie partielle (tous les prénoms ont été changés) et une petite fiction par discrétion sans changer l'esprit de l'ouvrage. Prêt(e) à le lire ?
Prologue
Sous un ciel nuageux, nous revenons du cimetière où ma grand-mère maternelle a rejoint sa dernière demeure. Sa disparition est arrivée si vite que nous sommes encore sous le choc. Si dynamique, si gaie, si compréhensive, et surtout si dévouée aux siens, elle nous a quittés en silence, sans rien nous dire de ses récents problèmes de santé. Certes, depuis quelque temps, elle se fatiguait plus vite qu'à l'accoutumée. Nous mettions cela sur le compte de l'âge même si, à notre époque, les maisons de retraite, médicalisées ou non, hébergent des personnes bien plus âgées, où il n'est pas rare non plus d'y rencontrer des centenaires.
J'avais promis à ma mère et à ma tante de les aider à faire le tri dans le petit appartement de Grand-mère. Après le décès de Grand-père, elle avait mis en vente leur maison devenue trop grande pour elle seule et avait acheté un appartement dans une jolie petite résidence, avec terrasse et garage.
Composé d'un grand séjour – salon et coin repas −, ouvert sur une petite cuisine intégrée, le logement dispose d'une chambre joliment décorée, véritable havre de repos. La chambre adjacente est équipée d'un lit à une place que Grand-mère n'hésitait pas à occuper pour laisser le sien à un couple invité. Un bureau trône au milieu de la pièce, ainsi qu'une bibliothèque installée sur tout un pan de mur. Un autre meuble supporte son équipement informatique car, depuis plus de trente ans, Grand-mère s'était mise à Internet. Elle aimait beaucoup écrire sur papier, mais elle avait aussi trouvé très pratique d'échanger des courriels et des photos avec sa famille, ses amis et ses anciens collègues de travail. Sa salle de bains, relativement spacieuse, lui servait aussi de buanderie.
Pendant que ses deux filles trient ensemble le contenu du bureau, je me charge de la chambre à coucher. C'est ainsi que je suis la première à découvrir une série de cahiers numérotés dont les pages sont couvertes de son écriture régulière. Ils sont bien alignés dans un petit carton soigneusement rangé dans le placard mural. Étonnée de découvrir là des documents qui auraient dû, en toute logique, se trouver dans l'autre pièce, j'ai la délicatesse de demander à ma mère et à ma tante si je peux les emporter pour les lire.
Après avoir jeté un coup d'œil sur leur contenu, elles me donnent leur accord.
Je repars avec le petit carton comme si je détenais un véritable trésor. Le weekend suivant, le temps est suffisamment maussade pour que je décide de commencer la lecture des cahiers de Mamie.
Laura
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« Votre journal est comme votre meilleur ami, vous n’avez pas à faire semblant avec lui… »
Bukola Ogunwale